La notion de consentement chez les putes, les voleuses et les menteuses

Tandis que notre délicieuse et puritaine société persiste à conditionner la légitimité, la pureté et la dignité de l’acte sexuel à l’existence du désir (et parfois de l’amour, pour les plus échevelés de nos romantiques ou moralistes), certains individus sans foi ni loi (dont je fais partie) considèrent que la relation sexuelle n’est ni condamnable ni critiquable à partir du moment où il y a eu consentement.

Le consentement, en droit, est « l’adhésion d’une partie à la proposition faite par l’autre ».

Consentir n’est donc pas désirer, ni aimer, et cela semble poser problème : la moralisation du consentement est en effet un enjeu de taille, notamment en matière de prostitution, car invalider toute relation sexuelle qui exclurait le désir au profit du consentement est un argument souvent invoqué dans les discussions relatives à la vente de prestations sexuelles.

Bref, le consentement est une notion capitale : et si la signification et les enjeux du terme font débat dans certains domaines comme la prostitution, en droit pénal français il n’y pas de flottement possible. En effet, le consentement est au coeur même de la définition du viol, qui consiste en un « acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par la violence, contrainte ou surprise ».

Pas de panique, je n’ai pas l’intention de consacrer cet article à l’affaire DSK, et je n’ai aucune envie de disserter sur Nafissatou Diallo. Ce qui m’intéresse et me pousse à aborder la notion de consentement dans le cadre du viol, c’est tout simplement l’échelle de valeurs morales qui semble, dans notre société, conditionner l’importance du consentement à la crédibilité du témoignage des plaignantes.

En clair, il semble qu’une plaignante ne peut se « prévaloir » d’un viol et donc d’une absence de consentement que si elle justifie par ailleurs d’un profil moralement et judiciairement irréprochable. Dans le cas contraire, ce n’est pas qu’on nie l’absence de consentement, oh non, voyons, ce serait horrible. En fait, on veut bien croire qu’il n’y ait pas eu consentement à la relation sexuelle. Seulement, comme la plaignante est (rayer la mention inutile) une salope, une pute, une menteuse, une délinquante ou une connasse sans morale, eh bien le viol, comment dire… C’est en quelque sorte une manifestation de la justice immanente. Alors vous ne voudriez tout de même pas qu’un fois établi le parcours de menteuse, de délinquante ou de pute de la plaignante, on aille considérer son témoignage comme crédible.

Par conséquent, même si les procédures suivent leurs cours (avec de nombreux ratés, comme on peut le lire ici [1. A partir de la phrase "Mais revenons au viol, et aux enquêtes policières et aux procédures judiciaires"]) et même si la possibilité du viol n’est pas totalement niée, c’est comme si on le considérait comme la sanction collatérale d’un comportement répréhensible.

A croire que les délinquantes mériteraient presque de se faire violer et auraient tort de s’en plaindre. Ou que les putes ne peuvent être contraintes (vu que ce sont des putes).

La confusion générée par la systématique contextualisation de la plainte pour viol s’apparente à une hiérarchisation du viol selon la personnalité et le parcours de la plaignante : violer une mère de famille sans histoires et au casier judiciaire vierge, c’est atroce. Violer une pute, c’est déjà moins choquant. Violer une délinquante, ma foi, c’est un peu le genre de trucs qui pend au nez des gonzesses qui font n’importe quoi hein… D’autant que, franchement, peut-on vraiment leur faire confiance ? Et puis n’oublions pas le viol des filles qui portent des t-shirts décolletés (les salopes). Elles, c’est simple, elles cherchent les emmerdements.

Alors voilà, les mecs : il est très très important de recueillir le consentement d’une femme avant d’avoir une relation sexuelle avec elle. Enfin quand je dis « une femme », je pense à une vraie femme, qui n’a rien à se reprocher. Les autres (putes, menteuses, délinquantes, pétasses en jupe courtes et autres déchets de cette société bien proprette), vous pouvez leur faire ce que vous voulez. Soit elles l’ont bien mérité, soit elles ont cherché les ennuis, soit elles étaient d’accord puisque de toute façon elles font des trucs interdits, donc elles ne vont pas chipoter : on peut leur en faire aussi, des trucs interdits. Et de toute façon, quand elles iront se plaindre (mais ne vous inquiétez pas trop, la majorité se tait), vu leur CV, on ne risque pas de les croire suffisamment crédibles pour instruire le dossier à charge et à décharge.

Donc zen, foncez, à vos caleçons les gars, et bonne bourre.

A lire aussi :

Tags : , , , , , , ,

Classé dans : Féminismes, Société

A propos de l'auteur/e (Cliquer ici pour voir tous ses articles)

Écriveuse de trucs, mal coiffée et cul-terreuse.

Commentaires (57)

Trackback URL | Flux RSS des commentaires

  1. raja dit :

    merci pour ce billet, ça nous concerne toutes/tous ou ça nous concernera un jour.
    j’étais écœurée du « ouf » de soulagement du fanclub dsk, et de leur propension à être extrêmement insultants pour les femmes violées en abordant le thème du complot et de la moralité de nafissatou… bref on a encore de la marge dans ce pays pour respecter la parole des femmes.

  2. raph dit :

    Je pense qu’il appartient beaucoup aux médias de ne pas faire la distinction entre « le procureur abandonne les charges contre DSK » et « il n’y a pas eu de viol ». Ce qui se passe à NY est malheureusement (pour cette femme, s’il y a eu viol) technique (comme elle ne convaincra pas un jury « au-delà du doute raisonnable », inutile d’aller au procès).
    Votre article semble basée sur cette premisse fausse que l’abandon de poursuites pénales signifie qu’il n’y a pas eu d’agression. Pour qu’on sache ce qu’il en est, il faudra(it) que N. Diallo attaque DSK au civil … ce qui est encore tout à fait possible !

    « c’est comme si on le considérait comme la sanction collatérale d’un comportement répréhensible » : c’est un effet purement médiatique (café du commerce), les gens que je côtoie ne font pas du tout cette appréciation bête …

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      DSK et Diallo ne m’intéressent pas particulièrement.

      Je parle, d’une façon générale, de la notion de consentement par rapport au parcours/profil des plaignantes (et le lien inséré dans l’article évoque, dans sa deuxième partie, des cas totalement anonymes de plaignantes dont le témoignage a été mis en doute, et de procédures bâclées à cause des profils etc).

      Donc la médiatisation de la puante affaire DSK me laisse de marbre.

  3. z... dit :

    Je ne suis pas sûr de la pertinence de mon propos mais le problème évoqué dans l’article n’aurait-il pas pour origine (enfin au moins un petit peu) le nombre incroyable de fausses accusations de viol aux Etats-Unis. J’ai entendu le chiffre de 40% dans une émission. Une petite anecdote, certains hommes en entreprise évitent de se retrouver seuls dans une même pièce ou un ascenseur avec une femme (source, mon frère habitant et travaillant là-bas).

    Ces femmes qui portent plainte pour avoir de l’argent, se venger d’un homme ou je ne sais quoi encore, portent malheureusement préjudice aux vraies victimes (quand celles-ci osent porter plainte !!).

    • (M)hystérie dit :

      Déjà qu’on ne peut pas évaluer le nombre de victimes de viol, alors évaluer la proportion de fausses accusations, cela me semble quelque peu ridicule…
      Comment prouver qu’on était consentant ou pas, c’est le problème…et je ne vois pas comment le résoudre. Sur quoi la justice devrait-elle se baser pour juger du consentement de quelqu’un ? Sur rien. Elle peut juste évaluer si la personne a tendance à proférer de fausses accusations, à mentir ou non. C’est tout.

      • z... dit :

        Quand on annonce une proportion de fausses accusations, ce chiffre est bien entendu calculé par rapport au nombre total de plaintes.
        Je ne vois pas où se cache le ridicule d’un tel calcul (je ne parle pas du résultat annoncé).

    • boing dit :

      Je sais pas où ils ont dégoté ce 40%, mais ça m’étonnerait beaucoup que ce chiffre soit correct! Moi, j’avais lu que c’était entre 2 et 8%, soit le même pourcentage que pour les autres crimes. Et les statistiques sont parfois fausses parce qu’à la place de se limiter aux accusation dont on a pu prouver qu’elles étaient mensongères, on inclut celles à propos desquelles on n’a rien pu prouver.

      Un autre problème, c’est que les statistiques reposent en grande partie sur les décisions prises par des policiers, qui ne sont de loin pas exempts de préjugés et parfois « décident » qu’il n’y a pas eu de viol, par exemple parce que la victime présumée avait déjà eu des relations sexuelles avec l’agresseur présumé.

      Je ne retrouve plus où j’avais lu tout ça, mais cet article de Wikipedia corrobore ce que je dis:
      http://en.wikipedia.org/wiki/Rape_statistics#False_reporting

      • z... dit :

        Dans l’article de Wikipedia, il est mentionné une étude avec un chiffre de 41% de « false rape allegations ». Pas loin du 40% entendu à la radio l’autre jour.

        Il semblerait en effet que cela soit beaucoup moins et plus proche des 8% d’après l’article de Wikipedia (ce qui est loin d’être négligeable).

        Maintenant sont-ce ces 8% ou ces 40% qui circulent dans l’opinion publique américaine ? Le plus important ce n’est pas le chiffre exact mais le chiffre que le monde croit être exact.

      • (M)hystérie dit :

        Souligner l’importance des « fausses accusations » de viol me gène assez. J’ai l’impression que c’est ne pas voir là où il faudrait regarder, c’est poser un problème au détriment d’autres qui seraient plus importants. C’est détourner le fond du problème. C’est dire aux victimes de viol : « ne portez pas plaintes, vous avez près d’une chance sur deux d’attérir dans la case « fausse-accusation »".
        Alors j’aimerais bien savoir Z… : c’est quoi une fausse-accusation ? Le cas de Diallo sera considéré comment d’après toi, il atterrira dans quelle case ? A mon avis, comme dans la plupart des cas on n’a aucune preuve concernant le consentement des personnes au moment des faits, j’ai du mal à savoir sur quels critères on se base pour décréter qu’une accusation est fausse. Si tu sais, je suis preneuse !

        Comme le dit boing, tout dépend de comment sont faites les statistiques. C’est bien joli d’avoir un chiffre, mais si on ne sait pas ce qu’il représente, il n’y a aucun intérêt à l’annoncer. Le problème des média, c’est qu’ils ont tendance à annoncer des chiffres sans leur donner du sens, surtout en donnant un sens erroné à ces chiffres : puisqu’ils ne sont pas expliqués, ils sont fantasmés ! Ce n’est pas les statistiques qui sont « fausses », c’est la manière de les interpréter !

        • z... dit :

          Je suis d’accord avec toi et je ne souhaitais pas souligner l’importance des fausses accusations mais juste mentionner ce point. D’accord également sur les statistiques qui sont très souvent à prendre avec beaucoup de précautions (ce que les médias ne font pas assez).
          Je ne me prononce pas sur le cas Diallo car je n’en ai aucune idée (et pas vraiment d’avis). Une fausse accusation serait de dire qu’elle a été violée alors qu’en réalité, elle était consentante (contre de l’argent ou pas) pendant la totalité de l’acte. Ma définition est peut être naïve.

          • (M)hystérie dit :

            Je sais ce qu’est une fausse-accusation en théorie. Je disais justement, qu’en pratique, étant donné qu’on ne sait pas quel était le consentement des personnes au moment des faits, on peut difficilement juger si une accusation est fausse ou non. Mais si vous voulez des chiffres, un des liens de l’article de GMZ cite : « Que les fausses allégations de viol faisant l’objet de plaintes sont d’après les statistiques internationales très rares moins de 3% des plaintes (études McIntosh Julia A, 93 et Thoennes N., 92) ». J’imagine que de regarder cette étude pourra nous donner des pistes…
            D. Muriel Salmona (que je viens de citer) ajoute : « Pourtant les plaintes pour viols mensongères font partie des stéréotypes, dans les conversations » A quoi sert donc de diffuser ce stéréotype ? Il dessert les victimes !

            Et puis je cite ce passage qui me touche : « De nombreuses victimes de viol se sont entendu dire au tribunal qu’elles n’avaient pas manifesté clairement leur refus, ce qui porte à croire qu’un homme aurait le droit de ne pas se soucier du consentement »

  4. Selina Kyle dit :

    J’adhère totalement à ton analyse. J’émets juste une réflexion perso vis à vis de l’affaire DSK, puisque tu la cites quand même :-)

    Le problème n’est pas que Nafissatou Dialo serait une prostituée (révélation à relativiser puisqu’émanant du New York Post, un journal qui excelle dans l’art de colporter des rumeurs infondées). Si cette femme est décrédibilisée par cette information, c’est parce qu’elle s’est elle-même présentée comme une femme vertueuse dont la foi et le comportement irréprochable étaient censés être le gage de son innocence. En quelque sorte, elle a elle aussi joué du stigmate de la putain en se positionnant dans le camp des femmes biens sous tous rapports et qui sont donc 1) dignes de foi parce que vertueuses 2) qu’on aurait moins le droit de violer que les salopes ou les putes et 3) dont la vie serait détruite puisque leur honneur aurait été bafoué.

    En outre, cette info ne fait que se rajouter à une liste de fausses déclarations impressionnante, dont un faux viol collectif et un entretien téléphonique dans lequel elle évoque le bénéfice financier qu’elle retirerait de cette affaire. Si ça ne prouve pas pour autant qu’elle n’ait pas été violée, ça vient entacher sa crédibilité et quand on ne dispose ni de témoins ni de preuves, ça pèse dans la balance. Pas facile quand c’est la parole de l’un contre celle de l’autre…

    A noter qu’on a employé les mêmes techniques de décrédibilisation pour DSK : le fait qu’il soit du genre chaud lapin, obsédé sexuel, dragueur lourdingue et consommateur de services sexuels tarifés était avancé pour justifier le fait qu’il avait le profil du violeur, et qu’ainsi il méritait bien son accusation, voire une condamnation, parce qu’il n’avait pas un comportement vertueux…

    A mes yeux, on n’a pas davantage à douter de la crédibilité d’une femme sous prétexte que c’est une pute et/ou une menteuse patentée qu’à croire aveuglément au témoignage d’une femme au comportement vertueux. Il n’en reste pas moins que les fausses accusations de viol ça existe et que les peines encourues sont suffisamment lourdes pour qu’on tente de déterminer la véracité des faits.

    • Here dit :

      « noter qu’on a employé les mêmes techniques de décrédibilisation pour DSK : le fait qu’il soit du genre chaud lapin, obsédé sexuel, dragueur lourdingue et consommateur de services sexuels tarifés était avancé pour justifier le fait qu’il avait le profil du violeur, et qu’ainsi il méritait bien son accusation, voire une condamnation, parce qu’il n’avait pas un comportement vertueux… »

      Sauf que ce sont les médias, et non l’accusation, qui ont usé de ces techniques.

      • ariana dumbledore dit :

        Nous ne savons pas ce que l’accusation allait utiliser en cas de procès.
        Et l’avocat de la plaignante a bel et bien passé un « appel à témoins », invitant les victimes françaises à venir témoigner.

        Mais l’affaire dite « DSK » n’est qu’un exemple : prenez n’importe quelle affaire criminelle, voire délictuelle, si l’accusé est connu comme « honorable », il risquera moins de se faire condamner que s’il traîne des casseroles. S’il l’est, il le sera moins qu’un délinquant d’habitude, qu’un toxicomane ou qu’une prostituée. L’instruction risquera moins de s’appesantir sur lui. C’est valable dans l’autre sens pour la victime : elle sera moins « prise en compte » si elle est moins honorable, moins « pure ». Et cela dans tous, absolument tous les domaines du droit. Parce que les juristes sont des êtres humains comme les autres, et ont tout autant que les autres (enfin, un peu moins, j’espère) tendance à classer les gens dans des petites cases.

        • Here dit :

          « Et l’avocat de la plaignante a bel et bien passé un « appel à témoins », invitant les victimes françaises à venir témoigner. »

          Ouais enfin ça n’a rien à voir avec le fait de dire : « c’est un libertin, donc un violeur, CQFD ».

          Ca, c’est de Bernard Debré, qui ne représente pas l’accusation (à moins que je n’aie loupé un épisode ?!).

          « Nous ne savons pas ce que l’accusation allait utiliser en cas de procès. »
          L’accusation, dans sa communication, s’est basée sur les « preuves matérielles » (qu’elles existent ou non, là n’est pas la question), sur la dichotomie riche homme blanc / pauvre femme noire (pas très glorieux non plus, mais rien à voir avec « libertin = violeur »), ainsi que sur la moralité…de la plaignante (pauvre femme noire musulmane vertueuse). D’après ce que j’ai compris, une maquerelle (pardon, directrice d’agence d’escorts) s’est manifestée pour témoigner contre DSK, sur le plan de la moralité, mais on n’en a pas beaucoup entendu parler. Je trouve qu’il faut vraiment être de mauvaise foi pour ne pas reconnaître que les arguments de moralité ont été beaucoup plus utilisés et médiatiquement amplifiés pour ou contre la plaignante, que pour ou contre l’accusé. Une analyse un peu poussée des articles de presse et de la com de des deux parties le démontreraient sans problème à mon avis.

        • Here dit :

          Sinon, bien d’accord avec le reste de ton post, sauf que dans le cas de DSK, on a eu droit à une défense médiatique sur la base de « riche homme blanc puissant et brillant = séducteur (potentiel violeur ? Mais vous délirez ma bonne dame !) »

          • Here dit :

            (pardon, mais ce que je veux dire, c’est qu’il me semble que les moeurs de l’accusé, on s’en fiche un peu, contrairement à ce qu’affirme Selina Kyle : ce qui compte, c’est son statut social)

  5. Maxence dit :

    Je suis un homme.
    Admettons que je sois accusé de viol. J’aimerais bien, avant qu’on m’envoie en prison, qu’on vérifie un minimum la crédibilité de l’accusation.
    Bien sûr, que ma supposée victime soit une pute ou une traînée ne changerait rien à l’affaire, un « non » c’est un non. Mais si elle traîne un passé de menteuse, surtout pour de l’argent, si elle apparaît comme quelqu’un de moralement discutable (c’est à dire qu’elle a été condamnée pour vol/diffamation etc), si elle a des raisons externes à l’affaire de m’en vouloir au point de me faire condamner, il me semblerait normal que cela soit pris en compte. Comme il me semblerait normal qu’on procède à mon examen psychologique, pour savoir si je présente, disons des caractéristiques violentes, machistes ou de déséquilibre mental. Ces informations ne pourraient pas, sans preuves physiques, infirmer ou confirmer ma culpabilité, mais alors, le procès se réduirait à ma parole contre la sienne, et je ne pourrais pas avoir d’autre ligne de défense que de dire « elle ment ».
    Et il me semble qu’en démocratie, on préfère laisser un criminel en liberté que condamner un innocent.
    Je suis contre le machisme et la solidarité masculine du « toutes des putes, elle le méritent », mais il je suis gêné par l’a priori du « elle l’a accusé de viol, elle doit être sincère ».
    Enfin, pour en revenir à l’article, je suis d’accord que si viol il y a eu cela est inexcusable, même si la femme violée est une pute, qu’elle s’habille provoc’, qu’elle est connue pour coucher avec tout ce qui bouge.
    Mais non, contextualiser le viol n’est pas infâme si ça doit servir, en toute bonne foi, à m’innocenter…

    • Here dit :

      Non, l’a priori c’est : elle l’accuse de viol, tant que nous n’en savons pas plus, laissons-lui le bénéfice du doute quant à sa sincérité (je n’adopte pas le point de vue juridique, mais le point de vue médiatique, puisque c’est surtout de ce point de vue là que l’affaire DSK est partie en sucette, si on y regarde de plus près).

  6. Selina Kyle dit :

    Je ne suis pas forcément d’accord avec tout ce qu’on peut lire dans l’article que tu mets en lien. La définition du viol est à ce point vague que sont condamnés comme tels des actes où il n’y avait ni volonté de réduire l’autre à l’état d’objet, ni de le dominer, ni de le détruire, ni violence. Marcela Iacub en cite plusieurs exemples dans son Antimanuel d’éducation sexuelle.

    D’autre part, avec une relation sexuelle avec une personne handicapée mentale est considérée dans la loi française comme un viol avec circonstances aggravantes, car même si la personne était d’accord, la loi considère que son consentement n’est pas valable. Souvent, ce sont les parents qui portent plainte, s’arrogeant ainsi un droit de regard sur la sexualité de leur enfant, même quand ce dernier est adulte.

    Le sexisme s’exprime aussi dans certains discours qui dépeignent les hommes comme des monstres en rut et les femmes comme des perpétuelles victimes du désir sexuel masculin qui serait par nature violent et malsain ^^

    Et quant aux expertises psychiatriques, autant pour les cas de viol d’enfants ou de femmes, elles ont parfois montré leur faiblesse, comme à Outreau ou dans le cas de l’affaire Loïc Sécher.

    Bref, ça reste selon moi un sujet fort complexe et questionnant. D’un côté il y a l’inexcusable atteinte à l’intégrité corporelle d’une personne (et toute la douleur de ne pas être cru(e) ou de voir l’accusation se retourner contre soi de manière totalement injuste), d’autre part une tendance à diaboliser la sexualité masculine et à enfermer les femmes dans un corset de victimes dont la vie est anéantie à tout jamais dès lors qu’on les aurait agressées sexuellement. La négation de la parole d’une victime m’interpelle autant que la tendance croissante à la judiciarisation des comportements sexuels et des possibles règlements de comptes personnels qui en découlent. On a en France un taux de criminels sexuels extrêmement élevé dans les prisons, dont les peines sont souvent plus élevées qu’en cas d’homicide. Au niveau mondial, on se situe juste après les Etats-Unis.

  7. GouineMum dit :

    /cynisme en colère ON/ (je précise au cas où des faibles d’esprit passeraient par ici)

    Sans oublier les femmes trans’, qui sont bien sûr juste une espèce de pédés encore plus pervers que les autres, qui espèrent touTEs secrètement être traitééEs en vraies salopes et sur lesquelLEs on peut donc se lâcher la conscience tranquille, c’est même leur rendre service n’est-ce pas, à ces dépravéEs qui méritent juste de disparaître de la surface de la planète. Surtout si elles sont putes, SDF et malades : http://www.raidh.org/Gisberta-Salce-ou-comment-les.html?var_recherche=abandonn%E9e , http://www.dailymotion.com/video/x9irm_gisberta-pt_news , http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Un-travesti-violemment-agresse-au-bois-de-Boulogne-293345/ (remplacer « travesti » par « trans’ », les media nous refusent jusqu’à notre nom ; cela dit ça ne change rien à l’ignomie des faits)

    /cynisme OFF, colère persistante/

    C’est simple : Si tu ne corresponds pas au modèle héterosexiste patriarcal, tu n’as plus aucun droit au consentement, à l’intégrité de ton corps et/ou de ton esprit, ni même aux Droits Humains, pusique t’es pas humainE : t’es juste une déchét bon à crever le plus vite possible afin de conserver la pûrété de l’espèce humaine et de sa société supposée idéale. Et cette épuration ethique (sans « n », bien que ça se discute, car les discriminations et persécutions se cumulent) avance bien depuis des décennies : http://www.transgenderdor.org/?page_id=192 , grâce notamment au système politique transphobe globale qui encourage cette épuration. Les États sont les premiers acteurs dle haine transphobe, comme ils sont les premiers acteurs de sexisme, misogynie, xénophobie, racisme, gériaphobie (haine des vieux/vieilles), handiphobie, séropophobe… (d’ailleurs le Droit Pénal français réfuse de reconnaître la discrimination pour raison d’identité de genre). Le poisson pue depuis la tête, coupons-là.

    GouineMum, pute, femme trans’, étrangère immigrée, vieille, révoltée, juste pas trop malade pour l’instant (à part de cette société)

  8. Selina Kyle dit :

    @GouineMum : je comprends ta colère. Merci de rappeler le cas de Gisberta, qui m’avait secouée quand j’ai pris connaissance des détails de l’affaire. C’est vrai que dans notre société, le viol ou le meurtre d’une pute ou d’une trans sont des faits systématiquement minorés, comme si certaines vies avaient moins de valeur que d’autres.

  9. Allo_T dit :

    Je te tutoie d’emblée et je note l’utilisation que tu fais ici du mot « contextualisation » en passant cependant sous silence un élément de contextualisation capital dans cette affaire et c’est à savoir, le facteur États-Unis. Les échos que nous renvoie la presse, en l’occurrence, n’aident pas. Je te le concède.
    Mais puisque tu ne t’appuies sur ce cas d’actualité brûlant qu’afin d’énoncer une espèce de théorème de la crédibilité, voilà comment, pour ma part, sans parler spécifiquement du DS-cas, je vois les choses.

    Première possibilité: il existe des preuves matérielles du crime ou du délit. La question de la crédibilité du couple accusé-plaignant ne se pose pas.

    Seconde possibilité: les preuves matérielles n’existent pas. Et c’est parole contre parole. Alors, la tendance très humaine à accorder spontanément plus de crédit à celui ou celle des protagonistes – accusé ou plaignant, qui sur le papier, semble présenter les meilleures garanties d’honnêteté, d’honorabilité ou de bonne moralité, autant de concepts à prendre avec des pincettes, est naturelle et légitime. Elle ne suffit pas à décider d’une issue légale, mais pèse évidemment. Bien sûr, c’est moche. C’est moche et triste, mais c’est comme ça: la parole d’une mère de famille a plus de poids que la parole d’une pute. La parole d’une pute a plus de poids que la parole d’une pute alcoolique. Et la parole d’une pute alcoolique a plus de poids que la parole d’une pute défoncée au crack. Mais il faut ici distinguer le traitement médiatique de cette parole de son traitement judiciaire. Car contrairement à l’essentiel de la presse -de piètre qualité, et contrairement au bon peuple -moral et moraliste, la justice se doit en toute rigueur de recevoir et d’entendre les paroles des uns et des autres, fussent-ils putes, avec la même attention, le même respect et sans préjugé d’aucune sorte.

    Cela posé, petite parenthèse, il me semble absolument judicieux, juste et urgent d’intégrer enfin les putes, hommes et femmes, à la société civile en qualité de prestataires de services honorables, plutôt que de persister à les traiter en victimes systématiques dans le meilleur des cas ou dans le pire, en parias, indignes de respect, dont la bonne moralité fait débat et dont la parole est moins fiable qu’une autre – si dans le même mouvement, bien sûr, on consacre toujours plus de moyens et d’énergie à la lutte contre les réseaux d’esclavage, le proxénétisme et les abus de faiblesse de toutes sortes.
    Parenthèse refermée.

    Pour revenir à notre question, maintenant, et la rapprocher du DS-cas, la contextualisation américaine change la donne.
    Protestantisme, puritanisme et toute puissance des médias obligent.
    Mais il serait long et fastidieux de composer, même dans les grandes lignes, un tableau comparatif des mérites respectifs des sociétés américaine et française en guise de conclusion. Et puis tout le monde fait ça depuis un mois et des poussières. Lisez donc les journaux.
    Moi, je me contenterai de conclure sur un point : .

  10. Angèle dit :

    Ce qui me chiffonne un peu, c’est que les hommes aient une aussi grande trouille de se faire poursuivre par des arnaqueuses (pas des arnaqueurs, hein!!!).

    Pour m’être retrouvée dans deux situations, l’une étant une tentative d’amorcer un procès (pour une location d’appart qui a mal tourné) et l’autre un viol tu pendant des années jusqu’à ce que j’assume pleinement (sans cependant porter plainte), je me dis que si des demoiselles « arnaqueuses » n’auraient décidément que ca à faire, hein.

    Obtenir une aide juridictionnelle, obtenir un avocat, pécho des infos fiables est difficile en soi. Imaginons que ces demoiselles ou de ces messieurs (surtout aux US où cela me semble encore plus complexe!) aillent pleurer dans un commissariat: je suppose que, pour autant, la procédure jusqu’au procès est longue, semée d’embuches, demande du temps libre et de la patience. Flinguer tout ça, sans garantie de toucher quoi que ce soit, juste pour mettre un type en prison, même pour se venger, cela ne sert à rien, non?

    Le complexe du « c’est peut être un(e) menteur(euse) amènent des gens comme moi à ne même pas essayer d’aller plus loin. Qu’importe qu’en faisant le bilan on se dise « merde », car finalement, s’en reprendre encore plein la gueule, jugée par la famille, les amis, l’entourage du monsieur, fait partie du processus, et est une douleur supplémentaire, plus destructrice encore.

    Je ne dis pas qu’il faut croire les gens sur parole. Je dis juste que le back ground ne compte pas (oui, ce jour là, je portais des talons, oui, mon jean était slim, et oui, j’étais en débardeur, il faisait chaud), et que les preuves matérielles d’un viol, ça existe.

    La justice est lente, certes, on a tous envie de connaitre le dénouement, certes, mais condamner les gens avant même que toutes les preuves soient examinées en « fouillant la merde », je trouve ça inadmissible.

    De plus, le viol est un crime complexe:

    - un viol peut être ressenti et raconté sans qu’il n’aie jamais existé, pour la plus grande joie des psychanalystes. C’est un phénomène relativement courant, qui a des causes qui mettent des années à se soigner. Le récit de la patiente ou du patient sera parfois très très cohérent au point d’en être crédible. Ils VIVENT leur faux viol, avec leurs VRAIES conséquences, suites à des névroses. Ca se prouve avec du temps.
    - une personne peut décider de se « violer » elle même. Il y aura consentement mutuel, mais la personne ne le donne que pour se faire du mal, par défaut de libre arbitre, et regrette la relation. Ce type de « viol » n’entre pas dans la définition de celui ci, et souvent ceux qui se le font subir ont a politesse de ne pas se manifester, car ils savent qu’il s’agit de leur RESSENTI, qu’ils le feront encore.
    -parfois, on n’ose pas se dire que c’est un viol. Ca met un bout de temps à « arriver au cerveau », on refuse l’idée même. On perd des bribes e mémoire de ce qu’il s’est passé, on essaie d’oublier, et on fait ca admirablement bien: donc incohérence sur la date, ou le lieu exact… Puis un jour, on se reprend tout en pleine poire, ca revient.

    Il y a certainement plein de choses que j’oublie.

    En clair: les femmes qui portent pleinte, quelle qu’aient été leur vie ne sont pas des connasses. Porter plainte est complexe, et SEULE la justice est habilité à savoir le pourquoi de la plainte.

    Merci.

    • AmantSecretdeGael dit :

      Comme souvent je suis d’accord avec l’article. Mais comme Kyle, j’observe que la défense de madame Diallo a bien joué de l’arme de la vertu. Ce qui pour ma part est plutôt suspect. Car une victime à le droit d’avoir ses défauts. Mais la Jeanne d’Arc que l’avocat nous a décrit a sans doute été très préjudiciable à madame Diallo. C’est pour ça que la victimisation systématique et dramaturgique me semble très dangereuse. Parce qu’il existera toujours des femmes qui n’ont pas de traumatisme après un viol ou ont commis de grave erreurs ce n’est pas pour autant que celles ci n’ont pas le droit à la justice. Et même si je vois bien pourquoi tu dis ça Angèle je pense que ton discours est l’appui parfait de ceux qui ne veulent pas reconnaitre le viol.

      Et si on reprend de près l’affaire du « troussage de domestique » de Khan. On voit bien que dans son esprit le troussage associé à une pratique libertine est connoté de manière positive. Alors même qu’aujourd’hui on condamne très sévèrement ce genre de comportement. Mais comme la position du trousseur est de loin plus élevé que la troussé, qu’éventuellement il a raconté en alexandrin ses aventures, le publique applaudit bien fort. Et que lorsque le troussage se situe en banlieue on a le droit à un déchainement médiatique toujours très étonnant. On juge largement plus sur des critère sociaux, que sur des critère objectifs. Voir la surreprésentation des milieux les plus marginaux dans le viols alors que toutes les enquêtes démontre une existence du viol indépendamment du milieux.

      Quant aux fausses plaintes, récemment ont a eu deux personnes innocentés d’accusations de viols après retrait de plaintes des victimes(un homme et une femme, tu vois qu’il ne s’agit donc pas uniquement de « menteuses »). Donc les fausses plaintes existent et elles sont d’autant plus dangereuse qu’elles décrédibilisent les vraies victimes.

      Pour en revenir à l’affaire Diallo ce qui à mon avis aux Etats Unis rend irrecevable sa plainte est le fait qu’elle est menti aux autorité et pas seulement dans des témoignages. Mais bien avant en déclarant un faux viol en réunion et une fausse excision pour demander l’asile. Mentir sous serment à propos d’un viol qu’elle reproche maintenant à DSK la rend très peu crédible.

      Mais maintenant que c’est Tristane Banon qui sort du bois je me pose une question. Est il normal que la mère de Tristane ose se décrire comme féministe après avoir couvert se qu’elle qualifie d’une tentative de viol. Un parti normal devrait exclure Anne Montsouret. Et maintenant l’avocat de madame Banon essaie de faire croire qu’Hollande protège DSK… Mais de qui se moque t on? Pour moi une mère qui dissuade sa fille de porter plainte est complice d’un crime, et un individu qui n’aide pas une victime présumé à porté plainte est éventuellement un lache… On remarquera que pour Tristane aussi le morceau: » elle était jeune et pur » est joué par l’avocat et l’entourage… Devinez qu’elle en sera la conclusion?

  11. H. dit :

    Une question me turlupine, certes il ne faut se baser sur un passé pour déterminer de degrés de crédibilité d’un témoignage et ce qu’est la personne ne peut être une raison à une agression, pourtant comment ne pas se pencher sur la passé / casier judiciaire lors d’une plainte pour viol quand on sait que plus de la moitié des femmes violées sont tétanisées et ne se débattent pas, elles n’ont donc pas de marque visible d’agression. La facilité de la plainte pour viol me parait déconcertante dans le sens ou une simple relation sexuelle peut être travestie en agression par une femme mal intentionnée, qui cherche argent ou vengeance ou les deux. Et je me demande si cette facilité ne justifie pas partiellement la recherche et la mise en avant d’un passé quel qu’il soit, bien que la mère de famille puisse mentir et que la pute puisse être d’une honnêteté absolue, les moyens pour démêler ces affaires étant donc limités par les possibles absences de preuves, il faut bien commencer par quelque chose, aussi incertain que cela puisse être.
    Je précise, si c’est nécessaire, qu’étant une nana je ne peux être que du côté des agressées réelles, et ayant été moi même agressée je ne peux que me pose la question : comment savoir qui ment ou non ?

  12. Yaelle dit :

    Décidément j’adore ce site.

    Et la femme qui va chez un homme contacté sur un site de rencontres sexuelles, elle l’aura cherché si elle n’a pas envie de rapport sexuel avec cet homme là, mais que ça tourne mal parce que de toute façon on est là pour baiser alors de quoi tu te plains ?

  13. Gentil Salaud dit :

    « En clair, il semble qu’une plaignante ne peut se « prévaloir » d’un viol et donc d’une absence de consentement que si elle justifie par ailleurs d’un profil moralement et judiciairement irréprochable. »
    Je pense que la justice est dans tous les cas d’accord avec toi(vous?): elle veut déterminer s’il y a eu consentement ou pas. Problème c’est parole contre parole. Et forcément on a plus envie de croire un profil irréprochable qu’une menteuse.

    « échelle de valeurs morales qui semble, dans notre société, conditionner l’importance du consentement à la crédibilité du témoignage des plaignantes. »
    Je pense qu’on a là un raccorci dangereux: la moralité ne conditionne pas l’importance du consentement, elle conditionne justement la crédibilité de la thèse du non-consentement. Le consentement, lui est justement au coeur du problème, à aucun moment son importance n’est remise en cause, bien au contraire.

  14. Selina Kyle dit :

    Je me souviens vaguement d’un article de Gaelle-Marie sur comment éconduire une personne qui vous propose un plan Q où il était écrit (je résume de mémoire) que parfois, on manque de crédibilité quand on dit non alors qu’on a déjà sa langue dans la bouche de l’autre. Oui, on manque de crédibilité, le corps donne un signal interprété par l’autre comme étant un oui. Néanmoins, on peut porter plainte pour viol, même si on baise avec ce type parce qu’à force d’insistance, il nous a bien chauffée et qu’on a craqué… Là où ça se complique, c’est quand des femmes avouent qu’elles aiment bien qu’un mec insiste quand elles disent non, histoire de leur prouver leur intérêt, de se faire désirer, de faire monter le désir chez l’autre (lire Fausse route de E. Badinter). Donc non, c’est pas toujours évident pour un homme de savoir qu’il est en train, du point de vue de la loi, de violer une femme. Parce que légalement, un homme vivant en couple qui introduit son pénis (ou un doigt) dans le vagin de sa compagne pendant qu’elle dort est coupable de viol, même si elle ne s’en rend pas compte (il fait usage de la surprise).

    Certaines plaintes pour viol sont justement le signe d’une sexualité féminine enfermée dans le carcan de la morale : « je ne suis pas une salope, si on apprend que j’ai couché avec untel on va me traiter de pute, donc je dis que j’ai été violée », ou « je dois forcément coucher par désir, voire par amour donc si mon homme insiste pour qu’on baise alors que j’en n’ai pas envie, c’est forcément un viol qui doit être puni par la loi ». Un mec avec lequel on a terriblement envie de baiser et qui nous dit non, si on insiste lourdement, voire si on le fait picoler un peu et s’il craque n’ira pas porter plainte pour viol. Parce que son honneur ne réside pas dans son sexe. Parce qu’il assume un acte sexuel impulsif, même si c’est une connerie, même s’il va s’en mordre les doigts parce que, par exemple, sa femme va l’apprendre.

    Paradoxalement, la parole des putes qui ont été violées est jugée par les autorités policières avec moins de sérieux alors que chez elles, la question du consentement est on ne peut plus claire ! C’est dans le cadre d’un travail qu’elles proposent une prestation, avec le droit de refuser une personne et des actes que le contrat n’a pas prévu.

    Ne plus juger la crédibilité d’une femme en fonction de sa vertu, désacraliser son sexe (les femmes doivent être actrices de ce mouvement) et reconnaître la prostitution comme un travail sont des choses qui devraient 1) contribuer à faire baisser les plaintes pour viol 2) contribuer à ce que les violeurs de putes ne sévissent plus en toute impunité.

    Parce que si certaines féministes ont tendance à dire que la sexualité humaine est encore marquée du sceau de la domination masculine (idée à laquelle je n’adhère pas), les rapports de genre sont actuellement marqués par un rapport de domination féminine à travers la judiciarisation outrancière des comportements sexuels. Oui, on peut être féministe sans porter plainte pour une tentative de viol quand un mec a tenté lourdement de nous pousser à baiser avec lui et qu’on s’en est tirée en lui collant une gifle ou des coups de pieds dans les burnes. Quand à la môman de T. Banon… Euh, sa fille était adulte lors des faits, non ? Donc libre de tenir compte ou pas des conseils qu’on lui a fournis.

    • Allo_T dit :

      J’adhère.

    • (M)hystérie dit :

      Je te cite : « Un mec avec lequel on a terriblement envie de baiser et qui nous dit non, si on insiste lourdement, voire si on le fait picoler un peu et s’il craque n’ira pas porter plainte pour viol. Parce que son honneur ne réside pas dans son sexe. Parce qu’il assume un acte sexuel impulsif, même si c’est une connerie, même s’il va s’en mordre les doigts parce que, par exemple, sa femme va l’apprendre. »

      Petit rappel : le viol est un acte de pénétration. En général, dans la sexualité des couples hétéros, les hommes ne se laissent pas pénétrés par leur amie. Donc le comparatif ne va pas à mon avis…

      • ariana dumbledore dit :

        Oui. Juridiquement, le viol est un acte de pénétration. Il n’empêche que l’homme en question pourrait porter plainte pour « agression sexuelle » et ne le fera pas, même s’il a honte de lui, l’impression d’être le dernier des cons et celle que sa partenaire a bafoué sa volonté. Alors qu’une femme qui a subi des attouchements non voulus ne considérera pas comme anormal de se rendre au commissariat pour demander justice.

        • (M)hystérie dit :

          Ce que tu soulignes ce sont des rôles genrés différents en fonction de notre sexe, si je comprends bien. En tant que femme, se positionner comme victime paraît plus »normal » que pour un homme (qui doit prouver sa virilité quotidiennement). Mais je ne vois pas vraiment où tu veux en venir…J’entends souvent que c’est aux femmes de ne pas se positionner en tant que victimes…

    • ariana dumbledore dit :

      Tristane Banon avait vingt et un ans lors des faits qu’elle dénonce aujourd’hui. Or, à vingt et un ans, même si on est juridiquement majeure, on est encore bien souvent sous la dépendance psychologique et financière de ses parents.

    • Here dit :

      Et bien justement, pour moi un mec devrait pouvoir (pas au sens juridique, mais au sens moral/social) porter plainte suite à des attouchements de la part d’une femme. Après chacun place le curseur où il-elle veut, entre ce qu’il-elle tolère et ce qu’il-elle juge intolérable. Et ça ce n’est pas à vous d’en décider.

      • Mayura dit :

        Complètement d’accord avec Here. De la même façon qu’il existe des hommes battus, il existe des hommes violés (si si, ne serait-ce que dans le cadre d’une pénétration anale !!!). Et même si techniquement il semble plus difficile pour une femme de violer un homme qu’un homme violant un autre homme, je suis persuadée que cela existe (de la même façon que certaines femmes battent leurs maris).
        Donc oui, un homme devrait pouvoir porter plainte suite à des attouchements de la part d’une femme. Mais je crois aussi que peu oseraient le faire (et je crois aussi que les flics seraient les premiers à se foutre de la gueule du plaignant!)

    • Arrakis dit :

      « légalement, un homme vivant en couple qui introduit son pénis (ou un doigt) dans le vagin de sa compagne pendant qu’elle dort est coupable de viol, même si elle ne s’en rend pas compte (il fait usage de la surprise). »

      Je ne vois pas où est le problème, à moins qu’elle ne lui ait préalablement donné son accord. Etre en couple/plan cul avec quelqu’un ne dispense pas de recueillir son consentement, et à moins d’être muet et manchot, ça ne me semble pas particulièrement difficile de questionner la belle (ou le beau), qui ne dort pas non plus en permanence…

      Le souci serait plutôt les cas où l’un assure avoir obtenu le consentement de son amant(e), quand l’amant(e) en question affirme ne pas l’avoir donné. Mais du coup, ça n’est pas spécifique à cette situation.

  15. Phaistos dit :

    1° Avec bon sens les jurisconsultes romains disaient déjà « testis unus, testis nullius » : un seul témoin, pas de témoin.
    2° Concrétement, matériellement ça se manifeste comment un consentement ? Par un accord écrit, par un « oui », tacitement, par la passivité et le silence…?

    • Allo_T dit :

      Comment se manifeste le consentement? En voilà une vraie bonne question – qu’on évite souvent de se poser, convaincu qu’on est tous, les uns et les autres, de posséder un genre de connaissance instinctive du biniou. Alors… Il y a d’abord le cerveau, bien sûr. Les mots qu’on échange. Pas forcément un « oui » solennel, prononcé en tremblant d’émotion face à un officier d’état civil moustachu, mais l’ensemble du faisceau d’informations dites, qui, sur le moment, conduit l’individu « x » à s’estimer en présence d’une fenêtre de tir ouverte. Et puis, il y a les tripes. Les signaux qu’on échange. Le langage qu’on appelle corporel. L’ensemble du faisceau d’informations non dites. Enfin, pour savoir, il y a l’association harmonieuse de tout cela, le dit et le non-dit. Et là, tout à coup, on se rend compte qu’on se pose rarement la question parce qu’au fond, on a vraiment un genre de connaissance instinctive du biniou. On écoute sa tète et son ventre et on sait. Spontanément. Et puis, en outre, pour en finir avec cette question, il y a le respect de l’autre. Le respect d’une espèce de protocole aussi – même si, le protocole, pour le mieux, est parfois mis à mal.
      Un refus, après tout, ce n’est pas vraiment difficile à lire, pas très difficile à comprendre.
      Et soit on en est pas capable et l’on est, d’une certaine manière, « malade ».
      Soit l’on s’assied dessus et voilà, qu’ipso facto, on devient, je crois, sciemment criminel.

  16. Je ne suis pas sûr que le consentement soit au coeur du débat DSK…

    Le mensonge, lui, est au coeur du cas DSK : l’un des deux ment, voire les deux, mais on ne sait pas qui. Et suivant qui est un menteur, ça change tout. Le cas se résume à savoir qui dit la vérité et qui ment… alors comment faire sans chercher à savoir qui a le plus de chances ou de raisons de mentir ?

    Face au mensonge, la loi ne peut pas s’appliquer simplement… On a affaire à un, voire potentiellement deux menteurs.

    La question du consentement n’est pas centrale : celle du mensonge l’est.
    Des preuves sont donc recueillies, dans le but de savoir qui ment, tâche délicate.

    Est-ce qu’un homme avec la réputation d’être un homme à femmes puissant a des chances d’être le menteur ? oui
    Est-ce qu’une femme qui a déjà raconté un viol fictif (elle s’y était entraînée) a des chances d’être la menteuse ? oui

    1 point partout : il y a un menteur quelque part. Jamais la justice ne saura ce qu’il s’est passé : il n’y aura pas d’aveux, il n’y a pas eu de témoin, pas de preuve formelle…
    On ne saura jamais, on ne pourra que supposer.
    Ca peut aller jusqu’au procès, qui nous dira juste ce que 12 jurés ont supposé « sans doute ». La vérité, on ne la connaîtra pas.

    Deux personnes seulement connaissent la vérité : la victime présumée, et le violeur présumé.
    Le mensonge de l’un ou de l’autre sont comparables en gravité : une victime détruite dans les deux cas.
    On a beaucoup parlé du risque qu’un viol reste impuni, mais peu osent écrire qu’un homme pourrait passer le restant de ses jours en prison à tort…

    Quel que soit le menteur, un crime a été commis, et les deux possibilités sont aussi abominables l’une que l’autre.

    Désolé que la justice doive, finalement, se résumer à cette seule question : qui ment ?
    Si un jour la justice finit par laisser tomber l’affaire, ça sera juste la preuve qu’elle n’a pas pu déterminer qui mentait.
    Si la victime présumée laisse tomber, on pensera qu’elle mentait.
    Même si DSK avoue, on ne saura pas s’il ment ou pas, et certains douteront de ces aveux.

    Si DSK disait « elle a dit non mais j’ai compris oui » ou si Mlle Diallo disait « j’ai dit oui mais j’aurais pas du », si ces paroles avaient été prononcées, la question du consentement se poserait… si ces paroles avaient été prononcées…
    La question de la moralité n’a pas trait au consentement mais au mensonge…

    Mais ça n’est que mon avis, et je ne souhaite pas qu’on me fasse dire ce que je n’ai pas dit : si DSK l’a violée, qu’on lui coupe les c…lles. Si elle a menti, qu’on la foute en taule. La sentence est plus facile à trouver que la vérité.

  17. Chloé DC dit :

    MERCI !!!
    D’avoir trouvé les mots justes pour exprimer cette impression qui me trottait dans la tête depuis que les « mensonges » de la plaignante ont été révélés.

  18. Selina Kyle dit :

    (M) Hystérie : le viol est également établi dès lors que la pénétration est effectuée dans un orifice de l’agresseur, par exemple pour fellation contrainte. Il y a des précédents, si :-)

    • Selina Kyle dit :

      Rectif : c’est requalifié depuis 2001 en agression sexuelle ;-)

      http://avocatbarreau.com/2011/04/subir-une-fellation-de-force-nest-plus-considere-comme-un-viol-depuis-2001-quen-pensez-vous/

      Donc pour un viol de mec, il faut le pénétrer dans la bouche ou l’anus (mais dans ce second cas, il faut établir que l’intention soit sexuelle (si on fait usage d’un doigt par exemple) ou qu’on utilise un gode – ou un pénis.

      Un homme qui se ferait imposer un rapport sexuel (coït) par une femme qui userait de surprise ou sous l’effet d’une drogue ou d’alcool ne pourrait plaider que l’agression sexuelle ^^

      • (M)hystérie dit :

        Oui, une femme qui se fait un imposer un cunni ou des « attouchements », c’est pareil…Donc la question n’est pas restreinte aux hommes. Et même si les attouchements sont faits avec violence, cela n’est pas un viol tant qu’il n’y a pas eu pénétration du corps de la victime.

        • Selina Kyle dit :

          Mais il peut y avoir pénétration sans viol… Car il faut que cette dernière soit qualifiée de « sexuelle ». Un bâton dans un anus, ce n’est une pénétration sexuelle que si l’intention de l’agresseur était d’ordre sexuel. Selon que le geste est motivé par une volonté de blesser physiquement, d’humilier ou qu’il y ait intention sexuelle, on aura affaire à une atteinte à l’intégrité physique ou à un viol (puni beaucoup plus sévèrement !).

          Petit historique avec quelques précisions ici : http://feministes.net/iacub_crime_resume.htm

          Concernant le viol qui n’existait pas entre époux avant 1992, il ne s’agissait que du « coït légitime ». Sous le code napoléonien, un homme et une femme avaient le droit de se livrer à la sodomie et la fellation si madame était d’accord (donc le consentement à ces actes était de rigueur). Par contre, en cas de non consentement il y avait attentat à la pudeur de la dame, punissable par la loi. On considérait que le contrat unissant les époux comportait l’obligation 1) de fidélité et 2) de combler les besoins sexuels (légitimes = coït vaginal) de l’autre et c’était valable pour les deux conjoints (madame pouvait, par voie de justice, intimer l’ordre à monsieur de baiser avec elle).

          Le consentement est lui-même une notion aux contours variables. Exemple : un homme a été condamné pour viol alors qu’il avait eu un rapport consenti avec une jeune fille de 17 ans. Le lendemain, la fille réalise qu’il a d’autres aventures, bref, qu’elle ne représente rien de sérieux à ses yeux. Elle porte plainte. Le type va en taule pour viol. Pour quel motif ? Il a abusé de la sentimentalité liée au jeune âge de la fille dont le consentement devient non valide… Et le voilà avec l’étiquette de « criminel sexuel », un dangereux personnage…

          D’autres perles dans l’Antimanuel d’éducation sexuelle de Marcela Iacub ;-)

  19. Selina Kyle dit :

    Sinon, la façon qu’on a de traiter avec légèreté le viol des putes, des homos ou des trans pourrait laisser penser que ce qui compte pour la société, c’est plus de venger le déshonneur d’une femme « bien sous tous rapports » (l’honneur bafoué résidant dans son sexe qu’elle a coutume d’utiliser vertueusement…) que de marquer une désapprobation envers le rapport imposé sous contrainte. On constaterait ainsi l’existence d’une souillure – pour laquelle on exigerait réparation – qui n’existerait que lorsque la personne est considérée « pure »…

    L’attentat et l’outrage à la pudeur des femmes ont disparu des textes de loi sous leur forme écrite mais y résident toujours dans l’esprit je crois (et de la loi, et dans celui de nombreux citoyens).

    • Here dit :

      Ce n’est pas un peu cliché comme affirmation ? Pour les homos et les trans, je ne sais pas, mais dans la culture populaire, on trouve pas mal de récits de héros qui vengent des prostituées (de toute façon, comme le soulignait Maïa Mazaurette dans un article récent, le viol est un moteur du récit en ce qu’il met la vengeance en branle…).

      Mais je suis d’accord avec vous dans l’ensemble, il s’agit effectivement plus de venger un outrage que de s’interroger sur le consentement…Ce qui reste bien archaïque.

  20. Grégoire L'Ancien dit :

    La chair est triste, depuis quelques temps (DSK ?), ici et ailleurs, sur le web. Les hommes et les femmes se pointent du doigt, s’accusent mutuellement. C’est lui qui a commencé ! Non, c’est elle ! Grâce à vous, Gaelle-Marie, j’ai découvert Colette Renard. Pour le moral (loin de la morale), je me la mets en boucle. Je préfère le violon au viol. Et je garde mes caleçons : votre « bonne bourre, les garçons », non merci. Vous vous le mettez… et à deux mains, s’il vous plait.

  21. ariana dumbledore dit :

    L’attaque concernant la crédibilité et la pureté de la plaignante était prévisible. Elle était d’autant plus prévisible que l’essentiel de sa « défense » (du moins médiatique. Je n’étais pas dans le cabinet du procureur pour savoir ce qu’elle et son avocat lui ont dit) consistait à la présenter comme cette fameuse « sainte mère de famille opprimée »; DSK étant lui, coupable, à cause de son passé d’homme à femmes violent (décrit comme tel par des putes, d’ailleurs).

    Alors, je le dis tout net : j’ai horreur des « arguments de moralité » en justice. On leur fait la part trop belle, et pas seulement des les affaires « sexuelles », alors qu’en fait ils ne prouvent rien. Du tout. J’ai été effarée, par exemple, lors du procès Storme en Belgique, ou du procès Bissonnet en France, à quel point les audiences tournaient autour de la personnalité des accusés et des victimes plutôt que des faits en eux-mêmes. Or, le but d’un procès (et de tous les actes judiciaires qui y conduisent) ne doit pas être de dire si l’accusé est capable des actes qui lui sont reprochés, mais si il en est coupable . Ce qui n’est pas pareil. De même, peu importe que la victime soit un mafieux débauché ou un ange de vertu : il faut qu’on prouve qu’il a été victime, et de qui il l’a été. L’ange peut mentir autant que le démon dire la vérité.

  22. Phaistos dit :

    Merci à Allo_T de décrire si justement ce que le consentement peut avoir d’évanescent, et comment nous le déduisons de ce que nous interprétons des gestes, des mimiques, des attitudes… et même des silences de l’autre dans un dialogue non verbal. Et même acquis il est toujours accordé sous condition, révocable. Combien d’entre nous ne se sont pas dit, un jour, « mais qu’est-ce que je fais là? », combien de fois le désir ascendant n’a-t-il pas été cassé net par un geste, une intonation, un mot qui dépouille instantanément l’autre de tout ce qu’on lui prêtait? Combien n’ont pas eut à lever de la voix et du geste un dernier scrupule, une dernière réticence, qui arrête l’autre au ras de l’imminence?
    Une anecdote très personnelle. Je suis adossé au bar. Une jeune femme, connue de vue, vient s’asseoir sur le tabouret d’à côté. Accoudée en avant son pull-over baille à la taille. Je glisse la main dans l’entrebâillement et lui caresse les seins qu’elle a nus. La caresse dure peut-être deux ou trois minutes, elle n’a pas un mot, pas un geste, et reste comme indifférente, je continue à regarder la rue par la porte. Je réalise d’un coup ce que je fais et retire la main. Nous restons là, côte à côte, sans un mot, puis elle se lève sans hâte et sort. Je m’interroge depuis. A-t-elle aimé ou subit? Etait elle consentante ou a t’elle eut peur du scandale? Attendait elle que je la suive ou fuyait elle? Ai-je été entreprenant ou (plus qu’) envahissant? A t’elle pris un petit plaisir puis décidé d’arrêter là? Ai-je stupide, goujat ou, enfin raisonnable?
    De la violence à l’acquiescement chaleureux il y a une gradation continue, et je laisse aux Ayatollahs et aux Savonaroles, et Dieu sait s’ils sont aussi nombreux que courts de cervelle, de vouloir trancher dans cette frange obscure de vérités provisoires, changeantes et instables, et l’arrogance d’affirmer « Ici commence l’enfer ».

  23. Phaistos dit :

    En clair, il semble qu’une plaignante (un accusé) ne peut se « prévaloir » (« défendre ») d’un viol et donc d’une absence de consentement que si elle (il) justifie par ailleurs d’un profil moralement et judiciairement irréprochable. Dans le cas contraire, ce n’est pas qu’on nie l’absence de consentement, oh non, voyons, ce serait horrible. En fait, on veut bien croire qu’il (n’)y ait (pas) eu consentement à la relation sexuelle. Seulement, comme la plaignante (l’accusé) est (rayer la mention inutile) un(e) salop(e), une pute, un(e) menteuse (-teur), un(e) délinquant(e) ou une connasse (-ard) sans morale, eh bien le viol, comment dire… C’est en quelque sorte une manifestation de la justice (sa nature) immanente. Alors vous ne voudriez tout de même pas qu’une fois établi le parcours de menteuse (-teur), de délinquant(e) ou de pute de la plaignante (l’accusé), on aille considérer son témoignage (ses dénégations) comme crédible(s).

  24. Claire dit :

    Grrrrrr agaçant ;)
    Agaçant tellement c’est bien écrit et bien vu.

  25. Phaistos dit :

    Merci Claire, mais ce texte est de GMZ et repris de son article ci-dessus, et (hélas!) seules les parenthèses sont de ma main. Une bénévole spécialisée dans l’assistance aux victimes de viol, plutôt sensée et mesurée, intervenait dans une énième émission consacrée à DSK. Et cependant elle interprétait chacune des tactiques de défense du supposé coupable comme une preuve: « Ah, ils font tous ça » ou bien « Ils essayent toujours de salir la victime »… Les « ils » et les « toujours » qui généralisent et une asymétrie compléte dans la lecture du moindre fait. Et c’est une des difficultés: il y a une gradation dans les viols depuis la brute qui tabasse jusqu’au petit copain qui ne sais pas s’arrêter à temps et une palette de victimes, depuis l’oie blanche jusqu’à celle qui a (trop) joué avec le feu…

  26. tryo dit :

    Ca soulage de voir des personnes  »moralement » correctes en France dans ce pays ou la  »connard » et la  »salopard » attitude regne !! (je suis un homme) Protégeons nos femmes nos filles et nos mères elles nous portent 9 mois en elle et on les violes ensuite ??? Quel Monde D’enc***. je n’ai qu’une chose a dire : A MORT les violeurs et pédophiles !!! Qu’on en finisse avec ce fleau de pathologie destructrice !!!!!

    • Phaistos dit :

      Une suggestion à Tryo: peut-être devrait il lire le numéro de Juillet de « MarieClaire » qui consacre 4 ou 5 pages aux femmes pédophiles, violeuses et autres… Et une question: « on les brûle avec les autres? »

  27. Alain dit :

    La notion de consentement est fondamental, lors d’une violence sexuelle la « jouissance »du violeur n’EST PAS tant l’acte sexuel que celle d’un pouvoir exercé sur autrui.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/muriel-salmona/040711/la-nausee :

    « Faut-il rappeler que les violences sexuelles n’ont rien à voir avec un désir sexuel ni avec des pulsions sexuelles, ce sont des armes très efficaces pour détruire et dégrader l’autre, le soumettre et le réduire à l’état d’objet et d’esclave. Il s’agit avant tout de dominer et d’exercer sa toute puissance.  »

    A propos du discrédit des plaignantes, cette même psychiatre spécialisée en psychotraumatologie et en victimologie explique comment les victimes d’une violence sexuelle sont décrédibilisées à la moindre occasion.

    « [...]

    Tout commence pas trop mal lors du dépôt de plainte et des premières auditions (avec malgré tout beaucoup de dysfonctionnements), le viol rapporté par la plaignante semble pris en compte par les enquêteurs, et soudain tout bascule sur un ou plusieurs détails, considérés comme des « mensonges » mettant en cause totalement sa crédibilité : la plaignante lors de la déposition a omis de dire qu’elle avait consommé du cannabis ou de la cocaïne ce qui apparait sur la prise de sang ; la plaignante a omis de révéler certains faits de son passé ; la plaignante n’avait pas fait part lors des auditions de certains échanges internet ou téléphonique avec celui qu’elle désigne comme son agresseur ; la plaignante a mal identifié le lieux du viol ou a décrit une chronologie des faits, un agencement des lieux, un trajet qui s’avèrent inexact, incohérents ou pas assez précis ; la plaignante a oublié des pans entiers de son emploi du temps le jour de l’agression…

    Elle est alors maltraitée, accusée de mensonges et la procédure aboutit à un classement sans suite ou à un non-lieu…. Elle peut être accusée de dénonciation mensongère et être mise en garde à vue et malmenée comme cela vient d’arriver à une jeune patiente de 14 ans. Et si un procès à quand même lieu, le procureur général demande l’acquittement (comme cela s’est passé récemment lors d’un procès aux Assises obtenu en appel).

    Alors que je soutiens une patiente adolescente, une personne du parquet me dit : « vous savez votre patiente n’est pas celle que vous croyez…ce n’est pas une oie blanche… »

    Un responsable de la police me dit : « vous savez mes hommes je ne les tiens plus à partir du moment où ils pensent qu’on leur a menti, qu’on s’est moqué d’eux et qu’ils ont mis de ce fait un innocent en garde à vue ! « … alors que je lui décris la garde à vue scandaleuse et violente d’une jeune adolescente de 14 ans victime d’un viol et accusée de dénonciation mensongère d’un crime imaginaire après un non-lieu pour absence des faits (cf exemples détaillés plus loin).

    [...]« 

  28. Rafiki dit :

    Bon, je n’ai pas lu tout les commentaires (parce que c’est trop long ^^) donc peut-être que ce que je vais dire à déjà été dit … Mais j’ai franchement trop la flemme, quoi (désolé désolé désolé) (je tiens pour excuse qu’il est tard et même l’heure de faire dodo) (c’est pas terrible comme excuse : je vous emmerde =)

    Bref, je vais donc dire … Que (peut-être que vous vous en fichez, mais bon, trop tard !) pour le cas DSK (même s’il ne vous intéresse pas particulièrement, c’est quand même sur les faits de cette histoire que vous vous appuyez) le problème, c’est pas tant que la dame (dont je n’arrive jamais à retenir le nom, même sil est écrit dans l’article, encore un fois, j’ai la flemme) soit une prostituée (je ne doute pas un instant que ça gène énormément la justice qu’elle soit, si ce n’est un prostituée, disons du moins « mouillée » dans un réseau de prostitution … mais en soit, ce n’est pas ça le plus gênant), je disais donc que le problème, c’était surtout qu’elle mente beaucoup « trop » pour que l’on puisse croire en son accusation … Et apparement (surtout, pour moi du moins), le problème, c’est qu’elle aurait eu une conversation avec un ami de truc qui aurait dit que « elle pouvait se faire beaucoup d’argent dans cette affaire »…

    Je ne cherche pas particulièrement à défendre DSK, ni à emmerder la communauté des femmes de ménage américaine, mais quand on porte plainte pour se faire du fric à cause d’un viol … J’ai du mal à croire qu’il s’agisse justement d’un « viol » … Après, je sais que d’une manière générale, les « mensonges » qui ont été dit par cette jeune personne ne sont pas trop important … Après tout, que l’on soit drogué(e) ou pas, un viol reste un viol, hein …

    Mais dans ce cas précis, la justice à peut-être pas trop mal fait son devoir …

    (je le redis histoire de pas me faire taper trop fort, desfois que… j’ai rien lu de ce qu’il y a au dessus, donc si ça a déjà été dit, que vous avez déjà argumenté et tapé les autres … Pas taper s’il vous plait s’il vous plait s’il vous plait ><")

Poster un commentaire