Campagne "contre le viol" : un objectif légitime, des arguments contestables

| 24 novembre 2010 Lire

La campagne contre le viol,  à l’initiative d’Osez le Féminisme, du CFCV, de Mix-Cité, et soutenue par aufeminin.com,  m’a été transmise  de façon massive : mails, publications sur mon mur Facebook, tweets…

Et là, avant même de poursuivre la rédaction de mon article, je chope mon bouclier, mon casque, et je respire à fond, histoire de rester totalement neutre face à la volée de bois vert qui risque de m’arriver en pleine face. A toutes fins utiles, je précise donc que NON, mon but dans la vie n’est pas de me positionner contre tout et n’importe quoi, et que OUI, pas besoin de faire du teasing, au final je reconnais la légitimité de l’initiative ET je vais la relayer.

Mais cette campagne utilise des ressorts qui me posent souci, et des arguments qui me déplaisent. Et si j’admets volontiers que la fin justifie parfois les moyens, et que la poursuite d’un objectif précis légitime des stratégies de communication brutales, je conteste en revanche le manque de pertinence et la manipulation ratée (pas parce qu’on cherche à manipuler, mais parce qu’on ne prend pas la peine de le faire correctement. Ce qui, on en conviendra, est un manque d’égards pour la cible). Quant à l’hypocrisie, inutile de préciser que je ne la cautionne pas.

Or, cette campagne cumule à mes yeux ces trois défauts.

Manipulation ratée

Ce matin, je reçois ceci (en fait, c’est le début texte d’intro sur la page d’accueil de contreleviol.fr) :

« La honte doit changer de camp ! CHAQUE ANNEE EN FRANCE, PLUS DE 198 000 FEMMES SONT VICTIMES DE VIOL OU DE TENTATIVE DE VIOL. 75 000 SONT VIOLEES. JE SUIS L’UNE D’ELLES, JE PEUX ETRE L’UNE D’ELLES (…) »

Le « je suis l’une d’entre elles » m’a bien évidemment fait sursauter, et le « je peux être l’une d’entre elles » a tempéré mon émotion… Mais pour être franche, à la lecture de cette introduction trois pensées m’ont assaillie coup sur coup, en moins de deux secondes :
1 – Mon interlocutrice a été violée
2 – Ah, non, c’est une image
3 – On veut me dire que personne n’est à l’abri d’un viol, et que ça pourrait être moi. C’est pour que je me sente concernée.

Raté. En vérité, Je ne me suis pas sentie concernée mais grossièrement prise en otage. Résultat : loin de m’avoir impliquée dans une mobilisation collective, cette intro a provoqué chez  moi un instinctif rejet face à ce que je considère comme une injonction de penser droit.

Ceci dit, je suis quand même allée voir le site…

Manque de pertinence

Je suis absolument d’accord sur un point : la honte doit changer de camp. Ça, c’est vraiment très important. Mais d’autres arguments avancés par le site me laissent pour le moins perplexe. J’ai demandé quelques avis, dans mon entourage personnel et professionnel, afin de savoir si j’étais seule à grincer des dents devant cette campagne et les leviers qu’elle utilise. Apparemment, je ne suis pas seule. Me trouver isolée n’aurait rien changé à mon opinion, mais ces échanges ont été éclairants.

Le site propose des « clips contre le viol » : j’ai trouvé le premier très maladroit, le second pas génial, et le troisième intéressant. Dans les trois clips, l’absence totale de cris m’a semblé un choix judicieux. Le cri, dans le viol, est en effet un cliché récurrent. Le contourner était plutôt subtil, et percutant.  J’y ai perçu une volonté de rompre avec certaines représentations mentales erronées.

En revanche, les clichés sociaux qui suintent des clips m’ont semblé débiles : certes, que la secrétaire soit une femme et le patron un homme, ça passe. Pas parce que c’est « normal », mais parce que c’est une situation courante, et que l’important c’est de pouvoir s’identifier un minimum. Mais alors même que la page « 10 idées reçues sur le viol » tente de démonter les clichés relatifs au physique des victimes, les clips nous présentent une secrétaire mignonne, en jupe courte, et une femme au foyer d’âge moyen en robe de chambre. Je suis pourtant persuadée qu’une secrétaire moche, d’âge moyen et en pantalon peut se faire violer, et qu’une jeune femme ravissante en nuisette peut se faire violer pour de vrai également par son conjoint (le/la premier(ère) qui vient poster un commentaire sur le thème de la provocation en tant que facteur légitimant se verra éjecter illico du site, ça va sans dire).

Quant à ces fameuses idées reçues sur le viol… Je crois que je ne vais pas rallonger à outrance mon article en décortiquant chaque argument exposé là-bas, mais pour résumer, j’ai eu la sensation d’être la cible d’un outil de propagande, et non d’arguments militants.

Les amalgames entre le viol et la légitimation sociale d’une sexualité masculine conquérante me semblent très (trop) faciles. Ficelle grossière.

Je ne suis pas non plus d’accord avec la négation du drame individuel. Le viol n’est pas SOIT un drame individuel SOIT problème de société : il relève des deux à la fois.

Je rejoins cependant les arguments relatifs au refus de la marginalisation du viol, aux clichés de circonstances de lieux, et au souci d’un plus grand nombre de condamnations.

Globalement, cette page m’a donc plus braquée que convaincue : je me suis trouvée encore moins réceptive à la démarche globale.

Par ailleurs, je cite ici, avec son autorisation bien sûr, une femme dont l’opinion me paraît éclairante. Je lui avais demandé si elle voulait bien jeter un coup d’oeil au site et me donner son avis. Voici sa réponse :

« J’en suis à l’intro qui me semble juste être un agrégat d’idées reçues sur le viol. Je ne vois pas trop ce que viol et parité viennent faire ensemble. C’est très réducteur de dire que les hommes violeurs ne considèrent pas les femmes comme leurs égales en droits et en devoirs. Contre le viol des femmes… Quid des autres ? Hommes, enfants ? « Nous refusons de nous laisser culpabiliser sur notre tenue, notre comportement, nos fréquentations. Aucune honte ne doit peser sur nous. Nous devons être entendues sur ce que nous avons subi. » Plus cliché tu meurs.

C’est aussi l’angle de l’intro qui me pose problème, le côté roquet et vindicatif. « Le signe d’une société profondément sexiste » : pour moi, on mélange tout. Oui, la société est profondément sexiste. Le viol en est-il le résultat ? Pas si simple.

J’envisage le viol comme une fatalité parce que c’en est une. Je suis profondément d’accord avec Despentes sur le sujet (cf. King-Kong Théorie). Mais ça, ça ne passe pas dans une campagne contre le viol.

« Il est une humiliation, une appropriation, une domination des hommes sur le corps et le sexe des femmes et des filles. » Non. Au secours les généralités !!! Bientôt on va nous parler des tournantes en cave !!! C’est une humiliation pour la femme; ok : mais l’homme viole-t-il toujours dans l’optique d’humilier ? Non ! Une domination ? C’est le ressenti des femmes, ça.

Le viol, c’est une violence. La victime est le réceptacle de la violence. Point. Alors j’imagine qu’il leur a fallu caricaturer le violeur pour faire passer leur message. Mais cette campagne ne parlera pas à toutes les femmes violées. C ‘est certain. Elle ne me parle pas. Je la trouve caricaturale. »

Pour voir son billet sur le viol, allez lire « C’est Damoclès entre tes cuisses« . Un propos sans fard, dérangeant, et une formidable claque aux idées reçues.

Hypocrisie et incohérences, côté communication

L’initiative de cette campagne est soutenue par le site AuFeminin. Ok.

Nous sommes le 24 novembre, il est à peu près midi et demi. Nulle trace de cette campagne sur la home page. Pour la dixième fois depuis ce matin, je vérifie. Rien. En totale déconnexion avec l’initiative prétendument soutenue, voici leur édito du jour :

« Cher Père Noël…
Cette année, j’aimerais trouver dans mes souliers : un sac camel, un bonnet rouge, un appareil photo violet… Et oui, c’est le moment ou jamais d’écrire votre lettre au Père Noël et de lui demander tout ce qui vous fait envie mais que vous n’osez pas vous offrir. Et pour celles qui manquent d’idées, notre sélection de cadeaux haute en couleurs devrait vous inspirer. Allez-y, faites-vous plaisir ! »

Ah. Pourtant, il me semblait qu’on cherchait à relayer cette campagne, à la diffuser… Et je veux bien admettre que le soutien d’AuFeminin s’est peut-être traduit concrètement par des actions dont j’ignore tout. Ceci dit, je ne peux que noter la sidérante absence de toute allusion, même discrète, à cette campagne, sur la page d’accueil du site.

Et je ne peux m’empêcher de penser qu’une page d’accueil évoquant le viol et relayant cette campagne eût ajouté une note très concrète au soutien apporté à cette initiative. Mais non, à la place, on a droit au sac camel… Sans doute plus « vendeur ».

Par ailleurs, si on saisit dans google les termes « aufeminin.com contre le viol », le seul résultat en première page qui pointe réellement sur le site AuFeminin est celui-ci, datant de 2009 et laissant transparaître une certaine ambiguïté sur le positionnement de la rédaction par rapport à la campagne : http://www.aufeminin.com/combats-de-femmes/spot-clara-morgane-contre-le-viol-n32284.html

Au final, et comme toujours quand je m’indigne, je serais ravie de comprendre ce qui m’a échappé, et pourrait me démontrer que j’ai tort. Et aujourd’hui plus que jamais, je serais heureuse d’avoir tort.

En attendant, et parce que devant les impératifs de sensibilisation et de mobilisation il me semble parfois pertinent de mettre en retrait les divergences de vues personnelles relatives aux moyens mis en oeuvre, j’invite les lecteurs et lectrices à diffuser massivement le lien du site http://www.contreleviol.fr et à signer la pétition.

Edit de 16h20, heure des fulgurances pragmatiques : en fait, je me pose une question toute simple. En quoi cette campagne va-t-elle faire baisser le nombre de viols ? En quoi lutte-t-elle CONTRE le viol ? J’ai lu il y a un quart d’heure sur le web qu’une campagne même imparfaite était préférable au nombre de femme violées… D’accord. Et donc ? Cette campagne, elle va les faire diminuer comment, les viols ? Hein ?

Merci à mes interlocuteurs/trices d’avoir nourri ma réflexion, je continue à cogiter…

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Commentaires (105)

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  1. Jim dit :

    Je pense que je vais vous faire hurler mais personnellement je m’interroge beaucoup plus sur l’impact de ce genre de campagne. En anglais on appelle ça le « wishful thinking » ce qui pourrait se traduire approximativement par prendre ses rêves pour des réalités. D’abord je tiens à préciser que je n’ai rien contre la campagne elle-même, ceux qui la relaient et tout ça, non je me demande qu’elle est l’efficacité? Je ne dis pas non plus qu’il ne faut rien faire mais c’est juste que si ça avait été une campagne pour dire la faim dans le monde c’est mal ou la guerre c’est pas bien je serais resté sur le même sentiment. Ok d’accord mais so what? Et le slogan: « la honte doit changer de camp ». bon d’accord c’est très bien mais ça c’est du pur « wishful thinking ». Aucun violeur n’aura plus honte après la campagne qu’avant … La rubrique Agir me laisse particulièrement perplexe. Une fois que tout le monde aura signé, que les vidéos auront circulé il va se passer quoi? La pétition ne va rien changer, les vidéos ne vont prêcher que des convaincus et puis? non mais encore une fois c’est bien d’avoir des initiative et de mobiliser les gens et de parler de problèmes de société. Je pense juste que si on ne se fixe pas des but plus précis que de partager des videos sur Twitter ou Facebook ça manque de consistance.

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      Non, ça ne me fait pas hurler. Je suis plutôt d’accord en fait. Simplement, l’action n’exclut pas la participation à des démarches de sensibilisation.

      Mais votre commentaire donne à réfléchir, et je crois bien que je vous rejoins. Pour ce qui est du slogan, je crois cependant que l’objectif n’est pas que les violeurs/violeuses aient honte, mais que les personnes ayant subi un viol n’aient plus honte, elles.

      • Natoussia dit :

        Pour vous contredire tous les deux, j’aurais tendance à penser que, dans un monde idéal où les femmes n’auraient plus honte d’avoir été victime d’un crime et de le dénoncer, où elles auraient l’assurance d’être prises en ccharge par un ensemble de personnes efficaces, compréhensives et formées, où l’ensemble de la société aura bien enregistré que commettre un viol était un crime et que seul le criminel devrait être honteux ; dans ce monde, donc, le sentiment d’impunité des violeurs serait peut-être, selon moi, bien moins important, ce qui pourrait les inciter à ne pas passer à l’acte.

        Bien entendu, comme vous dites, le viol est une fatalité, il y en aura toujours. Simplement, pour faire une comparaison à une échelle toute autre, j’ai été autrefois kleptomane, par jeu, encouragée par mes amis, sans jamais me faire prendre. Aujourd’hui, si je suis tentée d’embarquer quelque chose sans payer, même s’il y a peu de risque que je me fasse choper, la pression sociale de mon entourage fait que, même si je peux avoir ce truc gratos, je ne veux pas risquer d’être une voleuse aux yeux de mes fréquentations.

        Pour cette raison, je pense qu’une campagne bien faite et suffisamment relayée peut avoir une réelle utilité pour faire évoluer la perception du viol.

  2. Jim dit :

    Ha oui et quitte à passer pour un lèche-cul je tiens quand même à préciser que ça fait du bien de lire des articles aussi intelligemment critiques même sur des sujets sensibles comme viol. Mais bon moi depuis le post sur les effets secondaires de la sodomie je suis complètement fan.

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      C’est sympa, merci :) Et c’est toujours délicieux de me voir ramenée à mes plus grands moments d’élégance rédactionnelle, dans des contextes inattendus ;)

  3. Nico dit :

    Hello, premier commentaire ici, j’ai découvert le blog récemment et j’aime beaucoup la liberté de ton et tout et tout (et autres gentillesses qui vont bien, remplir ici [...]).

    Juste pour réagir sur la dernière phrase de ton billet, « Signez la pétition ». ça m’a paru absolument saugrenu cette histoire de pétition contre le viol, rien que dans le principe… Y a des gens qui vont se revendiquer « pour le viol » ? Quel est le but recherché par cette pétition ? Je serais tenté de faire preuve de cynisme ou d’humour noir s’il ne s’agissait pas d’un sujet comme celui-ci mais vraiment, je vois pas ce qu’une pétition peut bien avoir comme utilité… ça va empêcher ces résidus de fausse couche de massacrer des filles/femmes ? Mais je suis comme toi, je veux bien qu’on m’explique ce à coté de quoi je suis passé parce que vraiment, ça me dépasse… Comme si on pouvait être « pour le viol ». Dans mon esprit, une pétition c’est contre quelque chose sur lequel on peut espérer avoir une prise, ce qui me parait assez compliqué par rapport au sujet.
    Après, s’il s’agit de permettre à celles qui ont malheureusement subi ce traumatisme de ne pas se sentir seules, réussir à vaincre la culpabilité (effectivement, la honte ne doit absolument pas être du coté des femmes – et je me joins à ta remarque sur la « provocation », apprenez à vous tenir bande de porcs), que ça crée du lien ok… Mais la pétition comme la manif’ m’apparaissent trop souvent comme un moyen pour certains de se donner bonne conscience (je ne dis pas que c’est ton cas, il faut être beaucoup plus tiède pour ça) ou pouvoir dire qu’on se sent concerné.

    Sinon je te rejoins sur la campagne, je la trouve assez lamentable (même si effectivement, il y a des choses intéressantes… mais tellement mal amenées, mal tournées ou à mon sens mal utilisées). Je trouve que les spots sont un peu dangereux quelque part, de l’appel à la vigilance je trouve qu’on verse vite dans la paranoïa… Et je suis pas sur que de rendre les femmes ultra méfiantes même dans des scènes du quotidien (le boulot, un mec qui vous regarde ou un mari qui suit sa femme au lit) ait le résultat espéré. Je me trompe peut être mais j’ai plutôt l’impression que ça créerait encore plus de tensions, tensions qui pourraient conduire au résultat qu’on voudrait éviter (parce que c’est pas une pétition qui empêchera un complexé/frustré de détruire la vie de quelqu’un).

    Alors oui, y a plein de choses à faire pour faire en sorte que ce genre de saloperie arrive le moins possible (plus du tout serait mieux), je n’ai pas trop de solutions à apporter (si ce n’est d’avoir une maman féministe comme la mienne qui a réussi à rentrer quelques trucs pas trop cons sur la façon de considérer les femmes).

    • Delph dit :

      Coucou!

      J’ai signé la pétition contre le viol, et j’y vois un avantage: montrer que ce problème préoccupe et booster nos dirigeants qui serait à la recherche de quelques suffrages.

      Je suis peut être un peu naïve sur le coup, mais je me suis dit que l’ampleur de la manifestation pouvait inciter à faire bouger les choses, et tout simplement à montrer que certes, on est contre le viol, mais surtout qu’on y est pas indifférent. Si personne ne parle du problème, il passera aux oubliettes.

      Alors certes le procédé est pas des plus efficaces, mais il ne nuit pas =)

  4. Anaïs Misfits dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi. Partout sur le net, sauf ici et sur mon propre blog, je ne lis un début de remise en cause du parti pris de la campagne. Il faut alerter et sensibiliser l’opinion sur le sujet. Pour cela, je trouve la campagne très percutante, et la signature très juste. Mais à quel moment parle-t-on de « vivre ensemble » ? Elles adoptent une posture anti-mec les dessert. Malgré tout, au-delà des clivages, toutes les initiatives sont les bienvenues ! La suite sur : http://anaismisfits.canalblog.com/archives/2010/11/24/19690015.html Anaïs Misfits

  5. valerie dit :

    Bon je reprends tes arguments un à un. (ps je n’ai pas participé à cette campagne)
    sur « prise en otage » ; je pense qu’il est important de montrer que n’importe qui peut être violée. ca ne sera pas que la fille qui sort tard, pas que la belle fille, pas que la «  » » »salope » » » ». Il faut à ce sujet repenser à ce sondage fait en GB l’an dernier ou 50% des femmes (à peu près) interrogées disaient qu’une femme violée a quand même du le chercher.
    Tu n’es pas la cible car tu es déjà au courant du sujet mais cela n’est pas le cas de la majorité des femmes.

    « mais pour résumer, j’ai eu la sensation d’être la cible d’un outil de propagande, et non d’arguments militants. »
    j’ai envie de dire et ? oui le féminisme est de la propagande clairement et heureusement !
    Evidemment qu’on va faire passer un message et des idées.
    pour l’histoire du drame individuel. c’est la même chose que pour la violence conjugale. machin qui viole ou tabasse n’a pas forcément en tête que le viol est une violence sexiste ; il a juste trop bu, est persuadé que la fille a dit oui et il la viole, basta pour lui ca s’arrête là. Sauf que le féminisme ne peut s’intéresser à des cas individuels – qui sont du ressort de la justice, psycho individuelle etc – en gros on fait de la socio, quand un élément devient très récurent, on l’étudie. le viol est récurrent, on l’étudie. quitte oui, à foutre de coté le drame individuel.

    très franchement je trouve qu’ils ne se sont pas si mal demmerdés dans la partie idée recue. honnêtement c’est dur en quelques phrases d’expliquer en quoi le viol est une construction sociale et pas instinctive, naturelle ou autres conneries.

    pour répondre au « a quoi ca sert ».
    oui evidemment que très peu de gens sont pour le viol. dans les paroles. dans les faits, c’est curieusement très différent. très peu de gens portent plainte après avoir été violés, parce que nos sociétés globalement expliquent qu’il y a la bonne manière d’ »avoir été violé-e (celle qui n’arrive jamais) et la mauvaise (toutes les autres).
    Il y a peu de crimes ou on a honte d’être la victime ; c’est le cas du viol.

  6. FilGB dit :

    Rassurant de voir qu’on peut quand même critiquer un peu une initiative de campagne contre le viol sans se prendre une volée d’obus soviétiques sur le coin de la gueule.
    Et encore, en tant que mec, jamais je n’aurai osé en faire un billet, déjà là, un commentaire, j’essaie de faire en sorte de marcher sur des oeufs.

    En 1er lieu, les 3 clips mettent en scène les mêmes genre de protagonistes (sans parler des clichés usuels que tu as mentionné, la secrétaire en jupe courte, bobonne et sa robe de chambre). Donc en gros, les enfants, les hommes (et j’ajouterai même les animaux, un marteau vient de se faire condamner pour avoir violer des chêvres) ne se sont jamais violer. Ou si ça arrive, ça ne vaut pas la peine d’en parler dans une campagne de grande ampleur. Bon, pourquoi pas.

    J’ai vraiment du mal avec les féministes en général, car souvent on est confronté purement et simplement à des extrêmistes qui confondent tout et n’importe quoi comme le prouve le grand n’importe quoi qui règne désormais sur http://viedemeuf.blogspot.com/

    Mais bon, si tu critiques un peu trop fort un ou une féministe, t’es forcément un sale macho de bas étage qui ne veut transformer la femme en objet sexuel. Du coup ravi de voir une femme remettre un peu en cause les méthodes et paradoxes des féministes.

    • valerie dit :

      salut (je vais squatter tes coms, gaëlle-marie)

      ce qui me fatigue, en tant que féministe, c’est qu’on profite de cette campagne pour nous taper dessus, comme tu le fais (ce qui n’est pas le cas de l’article).
      il y a autant de féminisMes que de féministes ; nous mettre dans le même panier témoigne d’une ignorance absolue du sujet. Ignorance fatigante au passage.

      Si la campagne n’aborde pas le viol des enfants, ou des animaux ou des hommes c’est parce que ces derniers, étudiés de manière globale, n’obéissent pas aux mêmes mécanismes que les viols de femmes. cela ne signifie pas qu’ils sont moins graves ou plus graves. Un type qui viole un gamin de 6 mois n’obéit pas aux mêmes mécanismes que celui qui viole une femme de 30 ans.

      • FilGB dit :

        Bonjour Valérie,
        Première chose, je ne prétend pas que Gaelle-Marie pense la même chose que moi sur les féministes qui ont lancé cette campagne. Ce qui sous-entend ensuite que je ne classe pas forcément tous les féministes dans le même panier, Gaelle-Marie en est une, même moi je suis féministe à vrai dire mais effectivement je me reconnais pas dans certains discours d’autres féministes, en l’occurrence celles et ceux qu’on entend le plus.

        Pour ce qui est des aspects psy, tu en connais surement plus que moi sur le sujet en me parlant de mécanisme, je te crois même sur parole. Seulement, la campagne s’adresse aux violeurs ou aux victimes de viols ? Je crois que c’est la 2ème réponse, si je me trompe pas hein. Du coup, en quoi le mécanisme des violeurs intervient dans une campagne qui s’adresse aux victimes ?

        • Anaïs Misfits dit :

          Je me permets de commenter. Je suis tout à fait d’accord. En quoi stigmatiser les violeurs permettra de libérer la parole des victimes ? Et je suis re-tout à fait d’accord dans ce que tu dis des féministes qui ont pignon sur rue, et qui contribuent au cliché de la féministe hystérique, barbue et poilue qui considère que tout homme est par nature son ennemi. Bref, ça fait du bien te lire FilGB. Et je trouve la posture de Gaëlle-Marie plutôt couillue. Voilou ! Anaïs Misfits

          • valerie dit :

            mais qui sont « les féministes qui ont pignon sur rue » ? (si c’est Alonso qui n’a pas parlé de féminisme depuis 5 ans, ca va être dur de la citer). je constate que vous avez tout de même souvent en tête beaucoup de ces abominables féministes sans jamais citer la queue d’un nom ou d’un discours.

            « Du coup, en quoi le mécanisme des violeurs intervient dans une campagne qui s’adresse aux victimes ? » ==> parce que la campagne parle des idées recues sur le viol. ce ne sont pas les mêmes selon qu’on est une victime enfant, homme, femme.
            un homme qui a été violé, on dira de lui qu’il doit être homosexuel par exemple et qu’il aurait pu mettre un coup de poing. Le discours s’adressant aux hommes victimes de viol n’est pas le même que celui s’adressant aux femmes victimes de viol. idem pour les enfants : on ne peut pas parler de la même manière à des enfants en matière de prévention.

             » En quoi stigmatiser les violeurs permettra de libérer la parole des victimes ? »
            gné ? stigmatiser de ? La violence sexiste ou raciste ou antisémite s’étudie et se déconstruit ; il ne s’agit pas de stigmatiser – lol un peu sur le coup – qui que ce soit.

            le problème au passage n’est pas que les victimes puissent parler – ca c’est a posteriori – mais qu’il y ait moins de viols. cette campagne est problématique parce que, comme d’habitude elle s’intéresse à l’apres et pas à l’avant. on parle d’aider les victimes de viol mais rien n’est proposé pour que nous soyons dans des sociétés ou le viol existe mooins/

      • Ingrid dit :

        Je ne suis pas d’accord, je pense que les viols des hommes obéissent aux mêmes mécanismes.

        Pour ce qui est des enfants et des animaux (à ne pas classer ensemble, néanmoins) c’est différent, mais je suppose qu’il y a quand même une notion de domination

    • Ingrid dit :

      Le viol des enfants petits est l’oeuvre de réels détraqués, et je ne pense pas que la pédophilie soit l’objet de cette campagne.
      Quant aux hommes ils ne paraissent pas dans les clips, ce qui est peut-être dommage car cela aurait augmenté la portée du message, je suppose en partie parce qu’ils sont moins victimes (voir les idées reçues sur le site « 8. Les hommes aussi sont victimes de viol Vrai, cela peut arriver, mais les victimes sont des femmes dans 9 cas sur 10. Les hommes victimes de viol étaient le plus souvent mineurs au moment des faits. Que les victimes soient des hommes ou des femmes, 99% des agresseurs sont des hommes. ») et aussi peut-etre aussi parce que c’est une volonté « politique » (?) de l’association de se concentrer sur le femmes.

      • valerie dit :

        ah le fameux « détraqué » ; en quoi faut il être davantage détraqué pour violer un gamin qu’un adulte ?

        « Je ne suis pas d’accord, je pense que les viols des hommes obéissent aux mêmes mécanismes. »
        ce qui reviendrait à dire que les relations entre hommes sont de même « nature » que es relations hommes/femmes ce qui me parait de suite un peu rapide.

  7. aelle dit :

    Je dois dire que je suis plutôt d’accord avec toi. Beaucoup des arguments grossiers que tu énumères sont basés sur des idées très courantes dans les milieux féministes, mais ce sont des idées qui gagnent à être nuancées et exposées avec beaucoup plus de finesse que ça. Comme c’est rédigé ici, en effet, on va parfois au contresens.

    Ce qui m’a particulièrement mis mal à l’aise dans la démarche, c’est que les signataires soient uniquement des femmes et la justification qui en est faite dans la FAQ. « Une arme de domination sexiste ». Ah? Mais d’après les chiffres présentés sur ce même site, les victimes de viol sont avant tout des enfants, des deux sexes. Les personnes transgenre et intergenres sont aussi surreprésentées parmi les victimes, de même que les homosexuel(le)s. Clairement il y a des dynamiques d’opression à l’oeuvre, mais en faire une représentation binaire, « les hommes violent les femmes » c’est à côté de la plaque, et ça exclut tout un tas de personnes qui le sont déjà bien assez.

    Par ailleurs, je te remercie d’avoir relayé le texte de Vieux Félin que je touve très, très pertinent. J’ai longtemps cru moi aussi ne pas avoir été suffisamment traumatisée par mes viols pour qu’ils méritent cette appellation.

    Enfin, pour finir ce commentaire multi-directionnel, le livre Yes means yes! (http://www.amazon.com/Yes-Means-Visions-Female-Without/dp/1580052576) expose ce qui est sans doute une des approches les plus intéressantes contre le viol. Le blog du livre est là (http://yesmeansyesblog.wordpress.com/), il est moins intéressant mais il est gratuit.

  8. valerie dit :

    je rajoute un truc après avoir lu la pétition que je me refuse donc à signer.

    « Un jugement des crimes sexuels exclusivement en cour d’assises. » ==> le crime sexuel n’existe pas en droit. c’est soit un viol, soit une agression sexuelle, soit une atteinte sexuelle. le viol est tjs jugé aux assises ou alors il est déqualifié.
    et il est hors de question qu’on juge, pour moi, une agression aux assises.
    « Une enquête systématique à la suite des plaintes pour crimes ou délits contre la personne. » je ne comprends pas ce que cela veut dire.

    • Natoussia dit :

      A mon avis, ce que ce paragraphe signifie, c’est qu’ils souhaitent que la pratique consistant à « correctionnaliser » un viol en le requalifiant en agression sexuelle, pratique courante visant à désengorger les assises mais aussi à voir l’affaire jugée plus rapidement, soit entièrement cessée. Je ne pense pas que leur souhait soit de faire juger les atteintes sexuelles aux assises, mais j’ai peut être mal compris.

      • valerie dit :

        justement c’est peu clair. par ailleurs la correctionalisation n’est pas tjs un pb si tu veux une condamnation lourde. On observe que les jugements sont plus severes en correc’ qu’aux assises.
        certains avocats conseillent la correctionnelle à leur client-e parce qu’ils savent aussi qu’un jury populaire peut être un obstacle à une lourde condamnation. quoiqu’en dise notre gvt, le jury populaire n’est pas la panacée.

        • Natoussia dit :

          Oh tu sais, moi je n’ai pas d’avis sur la nécessité ou non de correctionnaliser, je ne fais que dire ce que j’ai compris de leur argumentaire.

          Cela dit, même si les assises ne sont pas la panacée selon toi (je n’ai assisté qu’à un seul procès d’assises pour viol et meurtre, je t’assure qu’il a pris plein pot), et que la correctionnalisation peut avoir les avantages que tu décris, que l’on doive requalifier artificiellement les faits afin que le procès se fasse plus vite/d’éviter les jurés populaires, etc, c’est tout de même la preuve que le système est mal foutu.

          D’ailleurs, comment ça se fait que, selon toi, les jugements soient plus sévères en correctionnelle alors que les peines encourues sont bien moindres?

          • valerie dit :

            aucune idée ; c’est quelque chose que j’ai lu et entendu suite aux histoires de jury qu’on mettrait en correctionnelle. un intervenant du debat soulignait ce fait là mais sans en dire davantage.

            « c’est tout de même la preuve que le système est mal foutu. » c’est un fait. mais je me méfie en fait de vouloir à tout prix une punition, dans quelque cas que ce soit. ce qui compte, me semble t il est qu’il y ait compréhension de l’acte commis et non recidive.
            je comprends la tentation à vouloir mettre les violeurs en taule très longtemps c’est parfaitement humain ; je ne sais pas si c’est utile.

  9. Kyp dit :

    Je ne vais pas commenter. Sujet trop sensible, je vais m’échauffer et ça va partir en cacahuètes.

    Je dirai quand même qu’en gros, je suis d’accord avec Gaëlle-Marie.

  10. LaNe dit :

    (tout d’abord désolée si je reprends un des commentaires, j’ai la flemme de lire j’avoue)

    Le principe de sensibiliser au fait que oui le viol n’est pas un fait ‘rare’ et que les victimes ne doivent pas se sentir coupables et honteuses, c’est clairement bien. Montrer que le viol n’arrive pas toujours avec violence (physique/cris/blessures) et dans un contexte ‘glauque’ c’est bien.
    Mais oui je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il y a une erreur de stratégie et de ciblage dans cette campagne. A qui passe t on le message ?
    Il y a en effet un gros travail à faire pour de sensibiliser les victimes à leur état de victime (oui c’est un viol même si tu n’as pas crié, même si tu ne t’es pas débattue, même si tu connaissais ce mec), mais aussi (et surtout) chez les flics. Parce qu’aujourd’hui, en 2010, quand on va porter plainte, que les agresseurs sont arrêtés, confrontés, et qu’au final il y a non lieu faute de « preuves » (parce que la fille n’a pas crié, ne s’est pas débattue, n’a pas été assez « explicite » dans son refus d’avoir des relations sexuelles), je comprends presque qu’on préfère garder son histoire pour soi et ne pas lancer une procédure qui fera qu’au bout du compte on se sent encore plus honteuse et plus merdique.
    Une victime même pas reconnue par la justice, qui se fait mépriser par des flics qui ne la croient pas…

    Qu’on forme les flics et les juges d’abord, et on pourra ensuite dire aux victimes d’aller se faire connaitre.

    • Mercredi 1er décembre, j’interviens en cours de Du de Victimologie à Paris V Descartes.
      Et vous que faîtes vous pour former les « flics et les Juges » ?
      Avez-vous déjà fait un signalement au procureur de la République par exemple ?
      Ils font bien leur travail vous savez.
      Pourtant vos idées sont intéressantes

      • LaNe dit :

        Ce n’est pas mon histoire mais celle d’une amie. Le signalement a bien été fait puisque les agresseurs ont été entendus, et qu’une confrontation a eu lieu entre mon amie et ses « violeurs ».
        On a pris sa déposition, on l’a écoutée, on lui a posé des questions, demandé de raconter encore et encore. Elle s’est retrouvée face à ces mecs, pour encore répéter, raconter.

        On lui a dit d’attendre. On lui a dit qu’on reviendrait vers elle. On lui a dit que ça suivait son cours.

        Un an plus tard, elle a découvert que la plainte n’avait même pas été enregistrée (pas un non lieu en fait, my mistake). C’est pire qu’un non lieu au final. Une avocate a repris l’affaire en mains, pour comprendre. mon amie n’a pas de quoi payer qqn ,et pas la force ni l’envie de replonger là dedans. Elle a abandonné la poursuite de ces mecs. Elle essaye de se relever, elle essaye de reconstruire sa vie.
        Mais elle ne fera plus jamais confiance à la police, c’est sûr…

      • LaNe dit :

        Et puis en tant que victime, suite à un traumatisme dont on essaye tant bien que mal de se relever, si EN PLUS on doit se battre pour faire respecter la loi et se faire entendre, non franchement, c’est le monde à l’envers…

        Pardon mais je suis choquée par votre réponse.

    • Ingrid dit :

      Il n’y a pas que les flics (je pense que la plupart font leur travail comme ils peuvent)… il y a quelques temps sur la TV suédoise est passé un documentaire édifiant sur une petite ville qui s’était montée contre une fille de 14 ans qui avait porté plainte contre son violeur. La justice et la police avait bien fait leur travail, mais les habitants (y compris les professeurs du lycée) ont harcelé, menacé de mort, rejetée, etc. (elle finit par changer de collègue, à 500 km de chez elle) et soutiennent le violeur (17 ans) qui était la star du lycée… Il est accueilli à la fête de fin d’année et pas elle, du coup il en viole une autre, et même scénario… la police la croit mais pas la population… finalement la presse découvre l’affaire et gros reportage sur la chaîne nationale et prise de conscience et tout ça.
      Enfin, tout ça pour dire que dans un pays assez féministe, comme la Suède, même quand la justice fait son travail, la population ne reconnait pas toujours le statut de victime.

      En ce sens une campagne de sensibilisation ne peut pas faire de mal

  11. LaNe dit :

    (et re désolée j’ai pas vraiment commenté ton article… je suis assez mitigée sur cette campagne, on va dire ;))

  12. sensi dit :

    Toute la difficulté du sujet, c’est qu’il faut s’adresser au plus grand nombre et qu’à un moment on prend nécessairement des raccourcis ou des messages percutants réducteurs pour y arriver.
    Clairement, la pétition ne réglera pas le pb des violences faites contre les femmes, mais au moins elle fait parler. Ma bonne vieille théorie du « parlez de moi en bien ou en mal, mais parlez de moi ».
    Qu’on soit féministe ou pas, en étant sensibilisé au sujet d’une manière ou d’une autre, notre perception de la campagne est telle que comme tu le disais sur twitter ce matin, « ya un truc qui me dérange ».
    Maintenant pour avoir vu / entendu la réaction de personnes non sensibilisées, la campagne les fait réagir.
    Politique des petits pas….

    Maintenant soyons clairs, ça ne fera pas baisser le nombre de viols. Pour rappel, le viol « commun » (puke puke puke), c’est celui commis par une personne que tu connais, dans un cadre connu et pas par un serial violeur au coin d’un tunnel. Et c’est là effectivement la difficulté à faire changer la honte de camp….

    • Pourquoi les féministes font-elles toujours peur ?
      Toutes ces jeunes femmes qui poussent des hauts cris lorsque l’on prononce le qualificatif des « pestiférées ».
      Les féministe ont l’avantage de veiller et de relancer la réflexion périodiquement.
      Il y en a aussi qui trainent dans les couloirs de l’Assemblée et les bureaux des députés.
      Les lois ne changent pas toutes seules.
      Elles sont cultivées, ont un bon niveau d »études, sont actives et constructives dans la critique.

  13. La Bouseuse dit :

    Je ne comprends pas qui est vraiment la cible de cette campagne.
    Pas les violeurs, je pense que c’est clair.
    Les victimes de viols ? Ok, la campagne « dit » que le violeur peut être, est souvent, un proche. Le site incite les femmes victimes à témoigner. Ça peut peut-être libérer une parole (« je croyais que c’était pas un viol, j’ai pas crié, c’était mon mari » …), mais ça reste timide et maladroit.
    Les femmes en général ? Je n’ai jamais vécu une agression sexuelle. Mais cette campagne me foutrait plutôt la trouille, sans me donner les moyens de me défendre. Habituellement, le discours sous-jacent sur le viol plus ou moins : « traîne pas en minijupe tard le soir seule tu pourrais te faire violer et tu l’aurais bien cherché ». Là, c’est « Y a des prédateurs sexuels partout, même si t’es en pantalon, même si t’es tranquille chez toi en journée, porte plainte si on t’agresse ».
    A quel moment on me conseille d’apprendre à me défendre ? (Quand j’ai eu douze ans, mon père m’a montré comment énucléer un gars. Je ne dis pas que c’est la chose à faire. Mais le double discours du type « si t’es pas une pute, un viol ça te détruit complétement »+ »blesser un gars qui voulait juste s’amuser un peu, ça va trop loin », il va bien falloir qu’il cesse).

  14. Justinette dit :

    L’Ultime Tabou, signé Anne Poiret, nous apprend que les femmes abusent aussi. Des garçons, des hommes, des filles, des femmes. Aucune lesbienne n’a en effet jamais violé de femmes ? Autre article sur la violence au féminin :

    http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2010/03/se-faire-violer-par-une-femme-cest-possible.html

  15. Peace_Tache dit :

    Je ne comprends pas leur campagne, surtout les vidéos.
    C’est quoi la cible ? Les victimes ? Les violeurs ?!
    Et moi elle m’ont beaucoup dérangée. (Mon gardien m’a paru super méchant quand je suis allée chercher mon courrier).
    Sérieusement, je vois pas trop… Le but de tout ça.
    Peut-être de faire que les gens réagissent/en parlent ?
    Bref, merci pour ce billet !

  16. ladymarlene dit :

    Je me suis farcie tous les commentaires avant de répondre.
    Dès que j’ai vu cette campagne, elle m’a gêné, je ne sais pas pourquoi.
    A la lecture de cet article, je sais. Ca fait encore passer tous les hommes pour des prédateurs prêts à se jeter sur vous. Perso, je suis en mini jupe tous les jours de la semaine, donc, ce n’est pas moi qui vais dire qu’une fille en mini jupe « cherche le viol. » Mais je ne dirai pas non plus que tout mec qui vous regarde comme une fille au régime regarde un gâteau au chocolat (et que ça peut être bon, ce genre de regard quand les yeux sont verts et le sourire sexy ! Je m’égare….) est un violeur potentiel.
    Un viol vous démolit sur le plan sexuel, dit-on. Mais, perso, je n’ai pas été violée donc, je ne généraliserai pas.
    Mais ceci dit, non violente convaincue, je suis totalement d’accord avec la Bouseuse. Il y a des endroits qui font bien mal. Donc, la première chose à enseigner à nos filles, c’est à se défendre.
    Leur apprendre à la fois que la violence n’est pas une solution mais que quand on y est confrontés, on peut répondre pareil.
    Et oui, le viol est une fatalité comme passer au moment où la bombe d’un terroriste saute ou passer 10 minutes avant.
    Bref, je ne signerai pas. Car personne ne peut être pour le viol et la honte ne changera pas de camp.
    Pour y rajouter une note d’humour, à force de faire peur aux mecs, on va devoir se taper tout le boulot nous même !

  17. Georgia dit :

    Je me trompe peut-être, mais pour moi la pétition, qui peut sembler ridicule si elle n’était là que pour dire « Je suis contre le viol », est surtout là pour que de vrais moyens soient mis en oeuvre pour acceuillir et soigner les victimes, punir les coupables etc.
    On peut trouver les arguments limites, légers, mal exprimés ou autre (je ne me suis pas encore assez penchée sur le site pour émettre une opininon sérieuse), mais la pétition va quand même plus loin que juste dire « le viol c’est pas bien, je suis contre ».

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      Oui, et c’est bien pour ça qu’au final je reste partagée, et non en rejet total de la campagne. :)

      • Ingrid dit :

        désolée je squatte un peu partout… mais j’ai tendance à réagir au fur et à mesure de ma lecture…

        Je pense que Georgia a raison. Je pense aussi qu’il y a un but de sensibilisation pour que les victimes ne se sentent plus honteuses. Et pour que monsieur (ou madame) tout-le-monde ne regarde plus les victimes de viol de la même façon.

        Je trouve le site brouillon et maladroit. Et je suis dérangé par les phrases du types « Elles nous soutiennent », je suis convaincue que les hommes aussi peuvent soutenir, qu’ils sont parfois victimes, qu’ils sont capables de comprendre… mon féminisme il est avec les hommes.

        Les videos je n’en comprends pas l’intérêt, elles n’apportent rien de nouveau, sont un peu cliché. La page d’accueil je ne suis pas fan non plus mais en fouillant on trouve des trucs intéressants.

        Sur la FAQ http://www.contreleviol.fr/faq-sur-le-manifeste-contre-le-viol il y a les objectifs. Je suis assez d’accord avec les deux premier et éventuellement le dernier, mais je ne suis pas convaincue par le 3e. Si je pense que certains hommes cherchent à dominer, soit tout le temps soit ponctuellement, je n’ai pas l’impression de vivre dans une société qui a choisi la domination de la femme par l’homme.

        Dans les explications psychologiques des viols, il n’y a aucune référence d’où ils tiennent leurs informations. De même sur le fait qu’une victime sur 10 est un homme. Je suis presque sûre que les hommes parlent encore moins facilement de cette situation que les femmes, y compris dans le cadre de sondage, et il est possible que leur nombre soit encore plus sous-estimé que celui des femmes.

        J’avance dans ma lecture et là le summum… je suis un peu choquée…
        « Pourquoi les signataires ne sont-elles que des femmes ?
        Parce que nous dénonçons le viol comme une arme de domination sexiste, comme un fait de société qui à la fois sous-tend et découle de la domination masculine sur les femmes. C’est un état de fait culturel, construit, historique.
        Que les victimes soient des hommes ou des femmes, les violeurs sont des hommes dans 96 % des cas. »
        donc les hommes ne peuvent pas être contre la domination sexiste?????

        J’ai été violée par mon ex-mari, je me suis sentie sale… et je n’ai compris la situation que plus tard, après mon divorce, en partie grâce à d’autres hommes. Parce que pendant que j’étais avec mon ex je m’étais convaincue que c’était normal et que finalement peut-être que j’avais envie mais que je ne voulais pas l’admettre parce que j’étais coincée ou peut-être que je n’avais réellement pas envie mais que zut, je sors avec lui, je devrais toujours avoir envie en même temps que lui. Je ne suis pas traumatisée et je ne me sens plus sale du tout. En partie grâce à des hommes qui respectent réellement les femmes. Bref, une campagne exclusivement féminine ça m’emmerde.

        Enfin bref, la sensibilisation oui, le soutien aux victimes oui, l’amélioration de la prise en charge des femmes violées oui… mais je reste peu convaincue

  18. Maria Ferrari dit :

    Comme tu l’as souligné dans ta dernière partie et que j’ai pensé tout au long de ton article, à quoi peut bien servir une campagne contre le viol ?
    Y a des campagnes dont je comprends l’intérêt direct : celles pour le port du préservatif, celles qui expliquent tout ce qu’il y a dans une cigarette, etc… mais là, j’avoue que l’intérêt m’échappe parce que je ne vois pas en quoi ça va faire diminuer le nombre de viols.
    Le seul intérêt que je vois à une telle campagne, c’est changer le regard sur les femmes violées, ce qui n’est sans doute pas inutile parce qu’il y a malheureusement encore aujourd’hui des gens qui disent « Elle s’est fait violer ? Ben ça m’étonne pas, t’as vu comment elle s’habille ? », y en a même qui vont jusqu’à ajouter « Elle l’a bien cherché ».
    Après, est-ce que cette campagne joue ce rôle (je n’en suis pas convaincue) et est-ce qu’elle le joue bien ?

    J’ai été lire les 10 idées reçues sur le viol, j’ai tiqué comme toi sur le fait que le viol ne serait pas un drame individuel. Mais ce qui me gêne le plus dans leur argumentation, c’est que j’ai l’impression que par moment c’est plus un argumentaire contre les hommes et notre société machiste que contre le viol lui-même, et partant de là, ça a un peu l’air de mettre tous les hommes dans le même sac (et je tiens à préciser ici que je suis du genre féministe).
    Je suis très gênée notamment par le « 99% des violeurs sont des hommes » qui les désigne clairement du doigt… heu… sérieux, le fait que la quasi-totalité des violeurs soient des hommes, je pense que c’est surtout lié au fait qu’il est plus facile pour un homme de violer que pour une femme… non ?

  19. Je ne suis pas juriste (Lucifer merci !) mais il me semble qu’un viol, légalement, est une pénétration non consentie.
    Je tique un peu sur l’aspect revendicatif (politique ?) de cette campagne qui nous dit : quand il y aura parfaite égalité et parité entre hommes et femmes, les viols cesseront.
    Suis-je complètement abruti de croire que cet argument est une imbécilité totale ?
    J’ai souvenir d’avoir lu (sur le blog de Maître Eolas) la critique de ceux qui affirmaient (des assoc LGBT, il me semble) que les violences homophobes cesseront quand le mariage gay sera légalisé. Hm ! Hm ! Bien sûr ! Bien sûr !
    Quand à savoir si cette campagne est utile/efficace/pertinente… A force de vouloir trop en dire (en contenu) on passe à coté du message principale : le viol est un crime fait à UNE personne.
    Point à la ligne ! Il n’y a pas besoin de chercher une cause « sociologique » ou « sociale », à dire vrai on s’en fout des causes.
    Il appartient à la police de chercher et trouver les violeurs mais il est plus « rentable », statistiquement, d’expulser un Rom que de résoudre une affaire de viol…
    Il appartient ensuite à la justice d’examiner les circonstances et de punir.
    Cette campagne est caricaturale et pleine de généralités, donc (peut-être) contre-productive (?).

    • valerie dit :

      « Point à la ligne ! Il n’y a pas besoin de chercher une cause « sociologique » ou « sociale », à dire vrai on s’en fout des causes. »
      Justement non.
      C’est comme si tu me disais, « on se fout des causes pour lesquelles on excise, enfermons les exciseurs et basta ».
      ce qu’on veut, c’est que le nombre de viols diminue ; pas foutre en taule des violeurs et soigner des victimes.
      evidemment qu’il faut le faire, mais il faut aussi et encore éduquer pour que les viols diminuent. on peut mettre des cautères ad vitam aetenam, ne faire aucune éducation et que de la répression.

       » quand il y aura parfaite égalité et parité entre hommes et femmes, les viols cesseront.
      Suis-je complètement abruti de croire que cet argument est une imbécilité totale ? »
      c’est dit rapidement.
      qu’est ce qu’on constate ? 99.99% des violeurs sont des hommes. et une importante proportion des victimes de viol sont des femmes. Il y a donc clairement une violence de genre ici ; cela n’est pas une violence « tout court ». IL faut donc étudier les rapports hommes/femmes pour comprendre pourquoi il y a autant de viols. et, clairement, si les femmes sont considérées comme égales aux hommes, alors le nb de violences sexistes diminuent (et donc le viol).
      c’est exactement la même chose que le racisme en fait ; dans un pays ou tel groupe ethnique serait mal considéré, il subirait de la violence. + son sort s’ameliore, – il en subit.

  20. salome dit :

    Signer ou pas signer la pétition? Il y aura toujours du pour ou du contre car chacun voit midi à sa porte. Comme je vois midi à ma porte, alors je ne signerai pas simplement parce que parler du viol c’est comme parler du meurtre, les petits seront punis et les grands resteront des impunis parce que leurs statuts les protègent. Que dire de toutes ces affaires de viols, de prostitution d’enfants, de femmes et de meutres auxquelles sont melées des hautes personnalités qui passent sous silence sans compter les dossiers qui disparaissent. C’est toutes les mentalités qu’il faudrait changer et la tâche reste plusqu’arduee et un pétition n’est qu’un cataplasme sur une jambe de bois.
    Cela dit je dis bravo à Maire-Gaëlle d’avoir réussit à faire un article aussi bien pensé sur ce sujet si délicat qu’est le viol.

    • Kyp dit :

      Comme le dit Maïa Mazaurette sur son blog, et bien que je ne signerai pas non plus, signer une pétition est toujours plus utile que de se regarder les ongles pousser. J’ajouterai qu’appliquer un cataplasme sur une jambe de bois, c’est inutile, mais ça ne coûte rien et il y a eu tentative d’aider.
      Ne pas signer revient à refuser de voter sous prétexte que tous les politiques sont pourris : ça n’avance rien du tout et ça profite à ce contre quoi on voudrait lutter.

      • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

        Nuance : « tu penses que » ne pas signer revient à refuser de voter. Respire à fond, reste zen. :)

        Et j’ai bcp aimé l’article de Maïa (oui, comme d’hab) ;)

  21. english dit :

    Comme vous, je ne saurais pas exactement dire pourquoi mais cette campagne m’a dérangé. Et j’ai eu du mal à comprendre son but ; puis je me suis rappellé un documentaire très bien réalisé (diffusé sur France 2 je crois) sur les juges sur mineurs : on montrait des jeunes violeurs (mineurs) lors de séances psychatriques imposées par le juge,. Pour la plupart ils ne se considéraient pas violeurs, pour eux leur acte n’était pas un viol. Le procès était filmé et à la fin le juge demande à un des mineurs si il a des regrets, il dit « non ». Il ne demande même pas pardon, il ne reconnaît pas le viol ni sa victime, pour lui elle reste la fille qu’il connaissait avant point.Si le but de la campagne est de diminuer les viols, alors oui on peut se demander si ce n’est pas eux la cible en effet!! D’ailleurs dans la vidéo, on voit bien que la victime est filmé sous l’angle de l’aggresseur à plusieurs reprises.

  22. anonyme dit :

    +1 pour votre critique réfléchie. J’ai entendu parler de cette campagne par le blog de M. Mazaurette, mais la lecture de leur manifeste me mettait mal à l’aise. Vous m’avez aider à comprendre mes doutes et je vous en remercie.
    Je suis à 100% contre le viol, j’estime qu’une femme se promenant nue dans la rue ne doit pas se faire agresser pour autant, et que quand on dit non c’est non. Le sexe n’est pas une obligation, personne ne doit se voir imposer quoi que ce soit. Je connais au moins une personne qui a été agressée sexuellement, par un « si gentil garçon » qui n’a pas voulu l’écouter quand elle a dit non.
    Maintenant, je ne signerai pas cette pétition parce qu’elle me met mal à l’aise. Elle semble restreindre le viol au viol d’une femme par un homme, ce qui est plutôt limité. Elle semble faire comme si tous les violeurs avaient le même profil, la même pensée. Comme si Guy George et le père pédophile ou la mère incestueuse ou le gentil petit ami qui n’écoute pas le non fonctionnaient pareil. Ce faisant, elle rate sa cible, et ne peut aboutir qu’au vote d’une loi de plus qui sera plus ou moins appliquée, et qui n’aura que peu ou pas d’effet sur la prévention du viol. Elle n’évoque pas assez l’aspect éducatif des jeunes, la nécessité de changer la vision des gens. Les films de la campagne sont des clichés.
    Et puis en tant qu’homme, j’ai l’impression que cette campagne me présente comme un monstre potentiel, seul coupable et ne pouvant pas être victime. Cette campagne me fait plus l’impression d’une chasse aux sorcières que d’une réflexion bien sentie et ciblée. Bref, elle rate sa cible et se faisant dé-sert les victimes des viols.
    Merci pour votre article qui a le mérite de clarifier les choses et bravo pour vos articles en général.

  23. Gaelle-Marie Zimmermann dit :

    Je repasse ici avant d’aller me pieuter, et je tiens à vous remercier toutes et tous pour vos commentaires, et plus globalement pour la qualité des échanges : les discussions se déroulent dans le calme, le respect, et les questions soulevées sont vraiment intéressantes, nuancées, et constructives. C’est un plaisir immense de voir des fils de discussion tels que ceux que vous déroulez sous les articles de ce site. Et ça vaut pour les articles sérieux comme pour les chroniques légères :)

    Merci !!!

  24. Un grain de poussière dit :

    Bonsoir, j’aime lire ce site et ses commentaires, mais ce soir j’avoue que je suis un peu énervée par certains commentaires.

    « A quoi peut bien servir une campagne contre le viol »: eh bien à faire diminuer le nombre de viols (c’est dingue non!).
    Le viol n’est pas une fatalité comme beaucoup semblent le penser, mais une conséquence de la marchandisation du corps de la femme et une conséquence de la domination masculine. C’est étonnant qu’il faille le rappeler à nouveau. C’est d’ailleurs pour cela que le viol des femmes est différent du viol des enfants par exemple (puisqu’il est en général dans ces cas là plutôt question de reproduction de traumatismes subis), comme l’ont rappelé des commentaires précédents.

    Et quand on dit que 99% des violeurs sont des hommes, on ne dit pas que 99% des hommes sont des violeurs.

    Donc on ne tape pas sur les tous les hommes, mais on rappelle que « le viol des femmes est le signe d’une société profondément sexiste », dans laquelle des femmes meurent chaque semaine de maltraitance, et dans laquelle les femmes victimes ont du mal à se faire entendre. Il y a donc des violeurs, et des hommes de pouvoir (policiers, juges, politiques) qui n’en n’ont pas grand chose à faire.

    Et heureusement qu’il y a un combat à mener pour que le nombre des viols régresse et oui, je crois que « quand il y aura parfaite égalité et parité entre hommes et femmes, les viols cesseront ».

    Alors, oui peut-être cette campagne n’est pas parfaitement rédigée, mais elle annonce la couleur efficacement.

    • Clément dit :

      Il est assez étrange qu’une campagne ayant un objet aussi consensuel entraine autant de désapprobation.

      @ Un grain de poussière: Je ne suis pas d’accord avec votre analyse; je ne crois pas que le viol soit une manifestation de la domination masculine, mais plutôt un des signes d’une société profondément violente; et ne croyez pas que les hommes soient épargnés par cette violence (même si elle prend une autre forme que le viol).

      Dire dans les Idées reçues: Les hommes sont aussi victimes de viols, MAIS les femmes sont victimes dans 9 cas sur 10 est désastreux!! Je pense qu’il eût été préférable de dire que le viol touche tout le monde, même les hommes; que c’est un combat universel (comme le sont d’ailleurs tous les combats anti-sexistes). Arrêtons d’opposer les hommes et les femmes et je suis certain que le discours féministe gagnera en adhésion.

      Le site sous-entend que les femmes sont potentiellement des victimes et les hommes, potentiellement des violeurs (même ceux étant « au dessus de tout soupçon »), d’une part, c’est faux et d’autre part c’est méthodologiquement contre productif.

      « Il y a donc des violeurs, et des hommes de pouvoir (policiers, juges, politiques) qui n’en n’ont pas grand chose à faire »
      C’est totalement fallacieux; comme s’il n’y avait que des hommes dans la police ou la politique (et que dire de la magistrature où les femmes représentent près de 60 % du corps). Le problème, c’est que l’accusation calomnieuse de viol existe (notamment lors des divorces) et que les policiers doivent distinguer le vrai du faux. Et malheureusement, cela se fait trop souvent au détriment des victimes.

      Cela dit, le site rappelle pas mal de choses super importantes:

      « Idée reçu: Quand une femme dit non, elle pense oui ou peut-être : elle a envie qu’on la force. Faux, quand une femme dit non, ce n’est pas oui, c’est non. Une prétendue sexualité féminine passive, soumise aux initiatives des hommes, est également un mythe. L’expression du consentement des deux partenaires est la condition absolue d’une relation sexuelle ; sinon, il s’agit d’un viol. Même si elle est montée boire un verre, même si elle dort dans le même lit, même s’ils ont déjà échangé des caresses… au moment où elle dit non, c’est non. »

      Et y a pas mal de gens qui le pensent, pas seulement des hommes: Samedi soir, une fille qui m’avait envoyé balader est revenue en fin de soirée me reprocher de ne pas avoir insisté. C’est surement hors sujet, mais je trouve ça assez malsain.

      (désolé pour la longueur du commentaire)

      • Un grain de poussière dit :

        Nous devons vivre sur des planètes très différentes.

        Sur ma planète à moi, et dans la majorité des pays, les femmes sont battues, violées, tuées, n’ont pas accès à l’éducation, à la santé, au droit de vote, et cela dans une indifférence quasi générale.

        Je veux bien le nom de votre planète où la domination masculine n’existe pas.

        Et dans ma planète, les policiers, les juges et les politiques sont en très très grande majorité des hommes…Et les femmes sont le plus souvent mal accueillies lorsqu’elles viennent déposer une plainte pour viol ou violence.

        Et il n ‘est pas question d’opposer les hommes aux femmes, (les systèmes patriarcaux s’en sont déjà chargés …), mais de reconnaitre les inégalités et les injustices.

        C’est toujours amusant de voir cette vielle rhétorique qui consiste à accuser les féministes d’une soit disant guerre des sexes, amusant mais lassant.

        • Clément dit :

          @ Un grain de poussière: « Sur ma planète à moi, et dans la majorité des pays, les femmes sont battues, violées, tuées, n’ont pas accès à l’éducation, à la santé, au droit de vote, et cela dans une indifférence quasi générale.  »

          Je ne le nie pas; oui il y a domination: domination d’humains sur d’autres humains. Et il y a aussi des hommes parmi les dominés, je ne dis pas autre chose. Synthétiser en disant que les hommes sont dominants et les femmes dominées est une connerie, or c’est ce que revient à dire l’expression « domination masculine ».

          Je pense juste que les viols ne sont pas qu’un problème d’inégalité, sinon, comment expliquer que la suède soit autant touchée.

          Je suis d’accord avec ce qu’a écrit Daniel plus bas. En revanche, je pense que les viols sont un phénomène de violence parmi les autres et qu’on ne parviendra pas à réduire les viols sans lutter contre la violence dans son ensemble.

          Les violeurs ne sont pas des gens normaux comme voudrait le faire croire le site; revenant à penser que chaque homme est un violeurs potentiel: ce sont des sociopathes (indifférents face aux normes sociales ainsi qu’aux droits et émotions d’autrui). Et leur violence touche tout le monde.

          Pour finir il existe plusieurs formes de féminismes. Et l’engagement et les méthodes de Gaëlle-Marie Zimmermann me semblent (ce n’est que mon avis) bien plus sains que celui des auteurs de ce site.

          ps: en France, les 3/4 des élèves de l’Ecole Nationale de la Magistrature sont des femmes, près de 60% des magistrates et la majorité des avocates le sont également. Les faits sont têtus.

          • Un grain de poussière dit :

            Dans les pays où les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes et où elles n’en ont d’ailleurs aucun, et où elles sont des mineures à vie, soumises à leur père, à leurs frères ou à leur mari, il n’y a donc pas de domination masculine ????
            Dans les pays où les femmes n’ont pas accès aux mêmes études, aux mêmes emplois, et où elles touchent à emploi égal environ 20 % de moins que leurs collègues masculins, il n’y a pas de domination masculine non plus ??????

            Il y a bien sur des hommes dominés et des tas de systèmes de domination, mais le point commun de tous ces systèmes, c’est qu’ils oppriment d’abord les femmes.

            Ne pas reconnaître la domination masculine, c’est se voiler la face, et ce n’est rien moins qu’insultant pour toutes les femmes en détresse de par le monde. Voilà où se situe la connerie.

            La reconnaître, ce n’est pas fournir les armes pour une guerre contre les hommes (c’est ce qui doit vous faire peur finalement..), la question n’est pas là, mais c’est faire un bout de chemin dans la réflexion pour mieux lutter ensemble.

            • Clément dit :

              Je vais essayer de mieux m’exprimer.

              Pour dissiper toute accusation d’antiféminisme: je suis d’accord avec l’essentiel des revendications féministes [ http://www.feministes.net/revendication.htm ] (quelques désaccords « techniques », mais rien de fondamental).

              Évidemment que les femmes sont souvent et ont souvent été dominées par des hommes. Il faudrait être analphabète et aveugle pour ne pas s’en rendre compte (mais ce n’est pas mon cas, soyez-en assuré).

              En fait, je ne parle pas vraiment de cela: je pense qu’on ne résume pas l’Histoire en deux mots, c’est tout ce que je dis!
              Et je trouve l’expression « domination masculine » lapidaire et insidieuse.

              Pour résumer mon avis, si vous utilisez cette expression pour résumer le fait que souvent les femmes sont et ont été dominées par des hommes, je suis d’accord avec vous (même si je considère l’expression comme erronée car trop synthétique).
              Mais si vous pensez que LES hommes, dans un sens générique, sont PAR NATURE, agressifs et n’ayant pour seul dessein la domination des femmes, là je ne suis plus d’accord. Or, c’est ce que sous-entend cette expression « domination masculine ».

              Paule Salomon, dans son essai « la femme solaire » dit regretter que les femmes parvenues au pouvoir se comportent comme des hommes (c’est à dire mal). C’est révélateur de ce que pensent beaucoup de gens: les femmes sont par nature douces et sages mais sont perverties par les hommes (agressifs et dominateurs donc).
              [en fait, les femmes parvenues au pouvoir se comportent en pures intelligences, selon leurs intérêts ou leurs idéaux; pas comme les hommes, mais comme les humains]

              Et oui, je suis pas certain que ce genre de considération serve l’entente entre les sexes. Je pense même que ça dessert tout le monde. Mais non, je n’ai pas peur parce que la plupart des féministes (celles que je connais tout du moins) ne sont pas d’accord avec ça.

              • Dans une structure sociétale conçue selon des valeurs masculines, une femme au pouvoir s’appuie sur ses composantes masculines pour être au pouvoir, c’est tout à fait logique.
                Il me semble évident que si l’organisation de la communauté humaine était confiée aux femmes, la nature du pouvoir de décision tout comme la forme de ce pouvoir seraient tout à fait différentes !
                :-))

              • Un grain de poussière dit :

                Eh oui, l’expression « domination masculine »est une expression lapidaire (mais je ne trouve pas mieux…c’est rapide, incisif, et efficace).

                Mais je ne pense pas du tout que les hommes soient par nature agressifs et dominateurs, ni les femmes douces et prévenantes. La nature des êtres humains n’est pas une question de genre. L’éducation et la reproduction des schémas prend le pas sur la nature, et le reste est une réponse-adaptation au pouvoir (je le prends ou je le subis).

                Je suis tout à fait d’accord avec votre formulation, les femmes de pouvoir n’agissent pas comme des hommes, mais par pure intelligence, comme des êtres humains.

                Mais je ne pense pas que le reconnaître déserve l’entente entre les sexes, puisqu’une fois mise à part toute considération de genre , il ne sera plus alors question que d’entente entre des personnes. (je ne suis pas sûre d’être très claire là …).

                • Clément dit :

                  « une fois mise à part toute considération de genre , il ne sera plus alors question que d’entente entre des personnes »

                  Si si, c’est très clair. Et je suis même parfaitement d’accord avec vous.

                • Certaines qualités humaines sont dites masculines tandis que d’autres sont qualifiées de féminines. Chaque personne selon son genre étant un équilibre de ces qualités avec plus ou moins des unes et des autres.
                  Il n’y a pas de purement masculin ni de purement féminin en tant que tel.
                  [C'est ainsi que dans un couple homo, un enfant n'est pas gêné par le même genre des parents puisque les signes du féminin et du masculin sont à disposition].
                  La manière de gouverner un groupe d’humain est souvent basée sur un rapport pyramidal de domination (modèle masculin) et une femme qui se retrouve au sommet de la pyramide devra pour s’y adapter, s’appuyer sur ses composantes masculines.
                  Il existe d’autres manières de diriger beaucoup ouvertes à l’écoute, à l’empathie, composantes féminines, mais elles ne sont que peu usitées dans les méthodes de gouvernement.
                  Contrairement au commentaire de grain de poussière ci-dessus, la question de genre est indépassable puisqu’elle est la matière même dont on se construit. Ce n’est pas le genre qu’il faut combattre mais la manière dont sont « maltraitées » les valeurs de l’un ou l’autre sexe.
                  J’attends toujours, ainsi, qu’on me démontre qu’un pays pour fonctionner ait besoin d’un « leader », d’un « chef » plutôt que d’une personne capable d’écoute et de compréhension !
                  :-))

                • Clément dit :

                  Vous ne vous basez sur rien pour « classer » les valeurs selon les sexes; vous avez décidé que c’était logique donc ça devrait l’être (en vrai ça marche pas comme ça).
                  Je ne crois pas que les valeurs soient sexuées, je ne crois qu’aux vices et aux vertus, communs à tous les humains, hommes et femmes.

                  Votre conception, se voulant « moderne » est en fait malsaine :
                  J’ai une amie ingénieure qui adore son job, elle a fait des sacrifices et joué des coudes pour arriver là où elle est, et elle aspire à en profiter. Cela au détriment d’une éventuelle vie de couple ou de famille (elle travaille et voyage beaucoup). En somme, c’est le pur produit du féminisme: décide de ton destin.
                  Mais son choix de vie suscite l’incompréhension de sa mère et de sa sœur (bah oui, une femme est censée être douce et maternelle « par nature »). Ma pote, elle veut pas de gosse, point. La dernière fois, une de ses tantes à lâché le mot: « tu es un vrai garçon manqué » (oui parce qu’en plus elle a les cheveux courts et aime le foot vous comprenez :/ ). Voilà ou conduit la conception sexuée des valeurs. Elle cantonne les gens à des rôles prédéfinis et ça oppresse d’abord les femmes.

                  Une femme ambitieuse ou compétitrice ne se masculinise pas ! Et un homme doux et attentionné ne se féminise pas !

                  « La manière de gouverner un groupe d’humain est souvent basée sur un rapport pyramidal de domination (modèle masculin) ». En quoi la domination serait-elle masculine ? C’est un préjugé ; vous vous fondez sur quoi ?? [La société iroquoise était matriarcale, pourtant, l’autorité était aussi structurée de façon pyramidale].

                  « Il existe d’autres manières de diriger beaucoup ouvertes à l’écoute, à l’empathie, composantes féminines ». En quoi la capacité d’écoute serait-elle féminine ?? Là encore, c’est un préjugé [L’ancien testament en avait même fait l’une des caractéristiques fondamentales de la sagesse du Monarque : cf. le mythe du jugement du Roi Salomon]

                  [Pardon d'avoir autant dévié du sujet d'origine]

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      On est d’accord sur le fait que ce qu’on peut considérer comme des maladresses n’enlève absolument rien à la légitimité de cette initiative :)

      Je ne pense pas que cette campagne en tant que telle va concrètement faire diminuer le nombre de viols, MAIS je pense que symboliquement, elle porte un message, et que psychologiquement, elle peut sensibiliser, et amener les gens à se mobiliser. Même s’ils perçoivent les ficelles derrière… :)

      Donc on ne speede pas, le fait de désapprouver certaines analyses/ressentis exposés dans cette campagne ne veut pas dire qu’on ne la soutient pas.

      Quant à affirmer que le viol est la conséquence de ceci ou le signe de cela, c’est souvent subjectif, et non vérifié. MAIS si les arguments chocs peuvent rallier des gens à cette lutte, moi je dis banco, faut foncer…

      En fait, je tiens à la nuance des propos, sur des sujets aussi délicats.

      Vous voyez, on n’est pas forcément d’accord sur les analyses, les causes, les termes employés, mais on est d’accord sur le fond : il faut lutter :) Et même si certains moyens me déplaisent, eh bien je ne tourne pas le dos à cette lutte. :)

  25. le clip sur la femme d’âge mure est complètement incompréhensible et n’apporte rien.

  26. Je ne signe aucune pétition, ça ne sert à rien, sauf à sauvegarder sa conscience.
    Le viol intra-conjugal devrait être plus souvent dénoncé mais aussi les violeurs pris en charge médicalement ! :-)

    [pas lu les autres commentaires, pardon !].

  27. Anonyme dit :

    On pourrait commencer par le début , c’est a dire virer la photo qui sert d’introduction à l’article … sa nullité dessert la cause…

  28. salome dit :

    Une campagne contre le viol va surtout stigmatiser les non violeurs, mais pas le violeur potentiel, celui qui sait ou ne sait pas que c’est mal mais qui n’écoute que son désir. Commencer par bien élever ses enfants en leur apprenant à réfrener leurs désirs et ne pas être violent est primordial, mais actuellement les jeunes vivent dans une société violente avec des jeux violents et si certains savent faire la différence entre la fiction et la réalité, d’autres ne le savent pas, surtout s’il y a personne pour leur apprendre, certains sont plus ou moins livrés à eux même, rien ne leur est refusé et ils ne comprennent pas qu’on ne peut obtenir tout ce que l’on veut, que dans la vie il y a des choix à faire. Quand une jeune fille se fait violer par une bande de potes qui la connaissent, ceux qui savent que c’est mal se laissent entrainer parce qu’ils sont incapables de faire un choix, celui de ne pas participer et de raisonner les autres, eh bien ça fait parti des apprentissages que les adultes devraient leur donner. Dire à ses enfants que telle ou telle chose est mal est insuffisant, il doit savoir pourquoi et il doit apprendre le respect de l’autre et ça s’apprend dès le plus jeune âge.
    Et je maintiens que je ne signe pas cette pétition parce cette médiatisation n’aidera pas les femmes ayant subi ou subissant le viol, sans compter qu’il peut y avoir des plaintes pour viols n’ayant pas eu lieu, ces choses sont déjà arrivées, notemment dans des établissement scolaires où le rejet de la part d’un prof. s’est soldée par une fausse accusation. L’éradication du viol passe par une prise de conscience de tous les individus hommes et femmes et ça je doute qu’on y arrive un jour (excusez mon pessimisme).

    • ladymarlene dit :

      Tout à fait d’accord avec toi salomé, commençons par arrêter d’excuser la violence masculine commençant tout petit (« il s’est battu dans la cour de récré, normal c’est un garçon ! Ils se sont arrachés les cheveux, normal, ils sont frères et soeurs !) Ben non, c’est pas normal !
      Anecdote, j’ai une fois pris des réflexions désagréables par un de mes oncles et ma mère a engueulé mon mari car il n’était pas intervenu. Il lui a répondu qu’il se fichait de l’opinion de mon oncle et qu’il estimait que j’étais assez grande pour me défendre. C’est fort quand même d’accuser un homme de considérer sa femme comme son égale !
      Moi aussi, j’ai pensé aux hommes démolis par une fausse plainte pour viol. Au Canada, les femmes ayant accusé leurs exs d’attouchement sont condamnées par la justice depuis longtemps.

  29. Chrisdefourire dit :

    Un violeur est un sociopathe dénué d’empathie, au même titre qu’un meurtrier, ou autres sociopathes.
    Est-ce qu’on peut espérer lutter contre cette pathologie avec une campagne, une pub ou une pétition ? J’en doute.
    La honte, la culpabilité ne font pas partie de l’équation du sociopathe.

    Et si on commençait par une campagne qui inciterait les mecs ayant eu des envies de viol a consulter ? Leur expliquer qu’ils ont un problème me semble une première étape.
    On pourrait pondre un quizz « ai-je l’âme d’un violeur ? »… Ça irait bien sur aufeminin, non ?

    Mais c’est sur, ça n’aurait pas bonne presse.

    Pourtant, que faire d’autre ? Un esprit sain ne viole pas.

    Style : tu es un mec, tu as déjà entendu Non sans en tenir compte ? Dis toi que la prochaine fois, tu pourrais finir en prison pour viol.

    Faire campagne sur le Non serait une bonne façon de montrer qu’il n’y a pas de « petit » Non. Et ça ferait un meilleur slogan, un qui s’adresserait aux violeurs, pas aux violées.

    Mais ça n’est que mon avis…

  30. Lucie dit :

    « Et donc ? Cette campagne, elle va les faire diminuer comment, les viols ? Hein ? »

    Et vous ? Madame Zimmermann ? Qu’est ce que vous proposez pour faire diminuer le nombre de viol ? Hein ?

    De relayer une campagne en la critiquant par tous les bouts ? Bravo. Chapeau Bas.

    Ok, cette campagne a ses imperfections.

    Mais elle a le mérite d’exister, de parler à grande ampleur d’un sujet tabou.

    Et oui, elle créée le débat et engendre des critiques.

    Rien que par ces effets, elle a abouti à un de ses objectifs : parler du viol.

    Mieux encore, elle mobilise les acteurs sur le terrain.

    Tout d’abord depuis deux jours par la distribution de tracts et par le dialogue dans les lieux publics, puis par une réflexion commune entre les différents partenaires militants et institutionnels sur un plan d’action sur le long terme.

    Et c’est là le véritable objectif d’une telle campagne : être le moteur d’une opération en profondeur.

    Cet objectif est également rempli.

    Et oui, croire que les militants s’arrêtent de travailler et de penser une fois une campagne terminée , c’est, pour le moins, peu connaître le milieu associatif.

    Critiquer en s’arrêtant à l’examen de la campagne contre le viol sans s’intéresser au travail accompli en amont et sur le travail qui sera accompli après, est, à mon sens, plus que restrictif.

    La critique est nécessaire car elle permet d’avancer et de se remettre en question, à condition que celle-ci soit constructive et intelligente.

    Une telle critique nécessite un certaine connaissance du sujet et un minimum de recherche, sinon elle se transforme en critique clichée.

    Madame Zimmermann, je crois que vous avez une grande connaissance du sujet mais que vous avez vu cette affaire seulement par un bout de la lorgnette.

    Nous savons tous que le temps d’une blogueuse est compté et ceci excuse, de fait, les lacunes de votre critique.

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      Chère Lucie :)

      Vous me dites : « nous savons tous que le temps d’une blogueuse est compté » : eh bien je vous crois sur parole, car je n’en sais strictement rien : je ne tiens pas de blog actuellement… Mon travail m’occupe à plein temps, et croyez bien que je regrette d’être trop prise par mes obligations professionnelles pour avoir le temps de tenir un blog.

      Sinon : j’ai déjà répondu, sur un autre article, concernant mes engagements personnels et professionnels, ainsi que mes actions concrètes et militantes au quotidien.

      Vous daignez excuser ce que vous considérez comme des « lacunes » : ok. Vous m’excuserez de ne pas vous en remercier, vu votre ton ironique et condescendant (je ne crois pas, pour ma part, avoir montré de la condescendance dans mon article : j’ai exposé des arguments, émis des critiques, et nuancé ces mêmes critiques. Il n’y a avait pas d’humour déplacé, pas de coup de gueule hargneux, bref je pense avoir été correcte).

      Par ailleurs, je crois avoir suffisamment nuancé mon propos dans l’article. Et au final, je l’ai relayée, cette campagne. Et j’ai eu la délicatesse de ne pas entrer dans les enjeux financiers, politiques et commerciaux, ainsi que dans les stratégies de récupération médiatiques… J’ai souhaité faire preuve de retenue. :) Quant à la lorgnette par laquelle vous pensez que j’ai vu cette affaire, je crois bien que vous sous-estimez l’angle de vue qu’elle m’offre.

      A côté de ça, je n’ai pas besoin, je crois, de justifier mon travail. Mais pour faire diminuer le nombre de viols, je proposerais plusieurs choses : l’éducation à la défense des femmes, l’étude des causes et conséquences de la correctionnalisation assez courante de l’infraction dans les procédures judiciaires consécutives à des viols, j’entends par là une requalification juridique des faits visant à faire juger l’affaire au tribunal correctionnel et non plus en cour d’assises (oh, pardon Lucie, je m’enflamme… Mais je suis de formation juridique, désolée, ça m’a laissé des séquelles…), la formation accrue des professionnels recueillant les plaintes (leur comportement est parfois dissuasif), la formation et l’éducation au « non, c’est non », oh la la la, mais ça fait beaucoup de propositions et je n’en ai énuméré qu’une petite partie… Je vais m’arrêter là ;)

      Oh, j’oubliais : un petit lien pour vous, vous allez l’aimer autant que mon article, je pense : http://blog.monolecte.fr/post/2010/11/25/La-pedagogie-du-coup-de-pied-dans-les-couilles

      • Lucie dit :

        Chère Madame Zimmermann,

        Je n’ai jamais remis en cause votre engagement mais je dois bien avouer que j’ai cherché à vous provoquer comme vous le faîtes si bien dans nombreux de vos articles.

        Vos propositions de lutte contre le viol sont pertinentes et devraient être bien évidemment mises en pratique.

        Je comprends votre « enflammation » contre la correctionnalisation de ce crime étant également juriste et parcourant régulièrement les couloirs des palais de justice.

        Vous remerciant pour votre retenue,

        Lucie

  31. Lucie : et bien, par exemple, en tenant ce site sur la sexualité. C’est un long travail aussi contre le viol ! :-)

  32. julien dit :

    « Le viol, une domination ? C’est le ressenti des femmes, ça. » !!!!!!!!!!!!!!????????

  33. Anonyme dit :

    Le « ressenti » des femmes violées, ou des hommes violés enfants, est d’une violence qui a l’air de vous échapper un peu: pulsions suicidaires continuelles, pulsions de meurtres vis à vis des enfants conçus dans ses viols, mutilations multiples etc… Je dirais que quand on accède à la honte on est dans l’élaboration du fait subi et de ses conséquences psychologiques et sociales, avec du travail ça permet de sortir du cirque pulsionnel qui sinon reste inféodé au trauma…

    Alors oui je considère cette affiche comme une insulte à toutes les femmes violées qui essaient de retrouver leur dignité interne et aussi comme une insulte à tous les hommes qui savent subordonner leur pulsion à leur désir .. et ne pas prendre la première pour le deuxième.

  34. Lulu dit :

    Je suis une fan de tes articles et de ceux de Maia, et je découvre cette petition avec pas mal d’enervement et de deception, mais bon, d’autres ressentent la meme chose, heureusement.

    D’abord il ya les couleurs du site, rose fushia, censé symboliser « les filles », je suppose. Comment peut on utiliser de tels clichés en disant combattre la « domination des hommes sur les femmes », « qui est un choix de société (…) et qui peut donc changer ».

    Ensuite la formule execrable, et qui fait que je ne pourrai pas prendre ce site au serieux, meme si nombre de ses objectifs me paraissent tout a fait justes. Pourquoi ecrire en 1ere page : « Je suis l’une d’elles, je peux etre l’une d’elles »?

    D’abord, est-ce qu’on doit forcément etre « a risque » pour signer une pétition pour soutenir/protéger un groupe de gens?

    Aussi :
    - Est-ce que celles qui sont l’une d’elles se sentent plus reconnues, soutenues, moins seules avec ce message ? J’en doute, mais ne peux pas juger.
    - Moi, j’ai la chance de ne pas etre l’une d’elles, et avec ce message, tout ce que j’entends, c’est que je risque d’en faire partie. Cela m’attriste, me fait peur, et me donne envie de me terrer chez moi pour me proteger des hommes dangereux. Pour moi, cela légitimise le discours «  »ne rentre pas seule tard, ne mets pas cette jupe, ne rigole pas trop fort » » que je déteste, alors que ma facon de résister pour faire changer les mentalités, c’est justement de continuer a sortir tard le soir et a rire fort, et a militer pour plus liberté, de joyeuseté et de petits poneys pour tous, qu’elle que soit votre couleur préférée.

  35. camille-l dit :

    On a décidé de parler des aspects de la campagne qui nous intéressaient dans l’émission de CAS Libres d’hier (http://cas-libres.poivron.org/archives/201011/20101125/). De nos discussions, les choses dont on était peut-être le plus critique sur cette campagne est que nul part n’est évoqué l’autodéfense, et que la Justice est posée comme LA réponse.

    Mais malgré toutes nos critiques, on se disait que ça valait le coup d’en parler. Entre autre parce qu’un mérite de cette campagne est quand même de faire du viol un sujet, au-delà du fait divers sordide (instrumentalisé et médiatisé). Une occasion de plus pour briser le silence de tous ces « non » qui n’ont pu être prononcés ou entendus nous a semblé profitable…

  36. Daniel dit :

    Avant d’accéder au site pour signer la pétition contre le viol, je viens de découvrir par hasard votre site et vos échanges.
    En tant qu’homme, je pense que les victimes de viol doivent être au cœur de nos réflexions et de nos actions. Chacun de nous est invité à s’interroger : qu’est-ce que JE peux faire pour que ce type de violence diminue ?
    - les victimes se sentent SEULES face à leurs souffrances : encourageons toutes les actions qui parlent et font parler du viol.
    - les victimes ont HONTE de n’avoir pas su empêcher cette violence : apprenons ensemble à développer une relation de confiance avec l’autre sexe et, chaque fois que nous sommes gratifiés d’une confidence, remercions la confidente d’avoir parlé et rassurons la sur nos sentiments. Si nous avons su faire preuve de suffisamment de délicatesse, alors nous aurons encouragé sa prise de parole dans d’autres circonstances et d’autres instances (policières, judiciaires, médiatiques).

    Aux victimes qui me liront, je veux témoigner que leurs souffrances me sont insupportables. Elles ne doivent pas culpabiliser de n’avoir pas encore su parler. Merci d’encourager celles qui ont la force d’entreprendre ce chemin : TEMOIGNER.

  37. salome dit :

    @Daniel
    Très beau com., je pense que vous n’êtes pas le seul homme respectueux des femmes à penser de même, mais ils sont si peu nombreux à témoigner et c’est dommage, ne serait ce que pour rassurer les victimes ou future victimes en leur disant : « non tous les hommes ne sont pas comme ça et ces mêmes homme peuvent vous aider et vous défendre ». Au lieu de cela, par l’intermédiaire de ces campagnes, c’est un doute qui plane dans la tête des femmes, en se disant que tout homme dans certaines situations est un danger potentiel. Donc pour que les femmes parlent, elles doivent pouvoir rencontrer « des hommes » qui soient capables de les respecter, les écouter,et les comprendre.

  38. jack dit :

    Bonjour,

    J’ai appris hier une histoire vraiment horrible, et je me dit que peut-être ca pourrais apporter un peu au débat. Est-ce que cette campagne est bien ? Comment faire pour lutter contre le viol ? A vrai dire je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que ce sujet me touche profondément et qu’il faut trouver des solutions, agir, lutter contre ca !

    J’ai une amie qui a été victime de plusieurs viols durant son adolescence, et elle n’a jamais osé en parler a personne. Encore aujourd’hui, sa vie est pourri a cause de ca, mais pour rien au monde elle n’a envie d’en parler. Hier, elle a appris que sa cousine (appelons la B) de 13 ans avais été violé par un groupe de gars du même age. Mais pour que B lui en parle, elle a du promettre de ne rien dire a personne. Et maintenant, elle ne sais plus quoi faire. Si elle en parle a quelqu’un, B ne lui fera plus jamais confiance, déjà que B ne parle a plus personne, ne fait confiance a plus personne, la dernière chose a faire serais de la trahir.

    Mais pourquoi ne pas vouloir en parler ? La honte oui. Mais surtout le fait qu’en en parlant, cela va déclencher tout un processus, tout le monde va être au courant, tout le monde va lui en parler, tout le monde va lui demander de raconter, elle va devoir passer devant des juges, devant des psychologues, et tout un tas de cons qui ne comprennent rien a ce qu’elle ressent, qui ne feront que la blablater pendant des heures, lui demander de raconter encore et encore ce qu’elle a envie d’oublier pour toujours. Elle a juste envie d’être heureuse.

    Alors voila la question que je me pose : comment ca se fait que le système est si mal fait qu’une victime préfère ne rien dire plutôt que de subir cette mascarade sensée l’aider ? Il faut vraiment se poser la question, qu’est-ce qui est vraiment adapté pour une victime, qu’est ce qu’elle souhaite vraiment qu’on fasse pour elle ? Sans ca, personne ne parlera.

    (Et en passant, oui il faut écouter les victimes, mais il faut aussi écouter les coupables, si on ne regarde que la moitié du schéma, on ne comprendra jamais rien)

  39. salome dit :

    @Jack
    Vous dites : (Et en passant, oui il faut écouter les victimes, mais il faut aussi écouter les coupables, si on ne regarde que la moitié du schéma, on ne comprendra jamais rien)

    Mais pour écouter les coupables, il faut que les victimes parlent et dénoncent, hors c’est ce qu’elles ne veulent pas, donc on tourne en rond. Violer, battre, tuer sont des actes de violences dues à des pulsions qui sont peut être le résultat d’une certaine éducation dans l’enfance. J’habite dans une ZEP et quand on voit comment ce que vivent certains enfants au sein de leur famille, c’est pas étonnant qu’à l’âge adulte on les retrouve comme délinquants violents. Notre planète n’est pas une planète de bisounours malheureusement et les premiers responsables ce sont les géniteurs qui n’ont pas éduqué et donné de l’amour à leur progéniture comme il faut.

  40. Clément : merci de ton avis mais je ne comprend pas ton agressivité.
    Je te conseille de lire un peu et de réfléchir. Surtout va prendre un grand bol d’air frais, tu verras c’est merveilleux pour les neurones. :-)

    [Je ne peux pas discuter si tu décrètes que non une roue n'est pas ronde et qu'il s'agit de démontrer que le haut est en haut… Fin du sujet, au revoir !].

    Gaëlle-Marie, mille excuses d’avoir occupé ton espace personnel !
    Merci de ta patience !
    :-))

    • Gaelle-Marie Zimmermann dit :

      Pas de souci, cet espace est fait pour être occupé (et ce n’est pas mon espace perso, c’est le taf : la patience y fait donc partie intégrante de mes obligations ;) ) Je vous lis toutes et tous attentivement et je veille à ce que les échanges se déroulent dans les meilleures conditions, je réponds quand j’ai quelque chose à apporter ou ajouter, et j’interviens si les gens se mordent entre eux… Mais ce n’est presque jamais nécessaire.

      Donc c’est plutôt vous toutes et tous qu’il faut remercier pour les échanges sous les articles :)

    • Clément dit :

      Agressif ?! o_O

      Je vous assure que vous vous méprenez sur mon ton. J’estime avoir été courtois (je ne me suis même pas permis de vous tutoyer, ni de vous prendre de haut par exemple) mais si mes écrits vous ont semblé ne pas l’être, pardon.

      Mais je vais suivre votre conseil et lire un peu plus.
      Je vais peut-être commencer par « L’art d’avoir toujours raison » de Schopenhauer; je ne me souviens plus comment appelle t-on le fait de traiter quelqu’un d’imbécile pour éviter de répondre à ses arguments.

      (Ah si: argumentum ad personam)

      Bonne soirée

  41. Clément :
    Tout ton commentaire de 16h37 est, à la lecture, emplit d’un ton hautain.
    Tu décrètes que « je décide » que c’est ainsi que cela fonctionne.
    Or je suis simplement arrivé à cette conclusion après 40 années de lectures et d’expériences.
    Tu as parfaitement le droit de penser autrement.
    Je constate simplement que tout échange devient alors impossible et je mets fin.
    Voilà.

    Ce n’est pas une question de tutoiement mais de manière d’écouter ou non… :-)

    [Ceci est donc mon dernier commentaire, débrouille-toi par toi-même…].

  42. poussinette dit :

    Dans un autre registre complètement, la campagne écossaise contre le viol :

    http://www.notever.co.uk/

    Oui, oui c’est naïf, les victimes présentées sont toujours des femmes, etc. Les statistiques sur le lien entre violée et violeur, la pénalisation du viol, le taux de condamnation sont par contre très intéressantes.

    Et le clip en première page vaut son pesant de cacahuètes. Pour les non anglophones une traduction :

    Dans la boîte, le type dit « Elle ne demande que ça »

    Et le dialogue dans le magasin :

    « Je sors ce soir et j’ai envie d’être violée. Je cherche une jupe qui incitera un homme à avoir des relations sexuelles avec moi contre mon gré »

    Réponse de la vendeuse « Oh… la bleue. Sans discuter, la bleue »

    « As if » peut se traduire par « Comme si ? » ou par « Non mais ??? »

  43. Ann Onyme dit :

     » asking for it? — as if! » = c’est ce que vous cherchiez, non? — non? C’est pareil! ( que si vous le cherchiez vraiment)

    ideme que: celle-là, elle l’a bien cherché… (en français)

  44. Tout ceci me fait – assez tristement – penser à la campagne de l’ »Institut pour la Justice ». Où en gros, un type t’explique comment son fils s’est fait atrocement zigouiller et comment les coupables sont rester impunis, et où il te demande donc de signer une pétition pour « rétablir la justice », que nombre de gens (dont pas mal que je trouvais pas spécialement bêtes) s’empressent de signer et de te demander de signer aussi. Et où que si on lit la pétition, on se rend compte que quand même, elle demande le rétablissement de la peine de mort et une peine de prison systèmatique pour les voleurs de tout poil (y compris ceux qui volent des bonbons donc). Quand on cherche un peu plus loin on se rend compte que cette « campagne contre le meutre » est en réalité affiliée à un mouvement d’extrême droite. On peut se demander ce que promeut la « campagne contre le viol »…