Le périnée, ça sert à quoi ? Et il est où ?
Suite à plusieurs questions concernant le périnée, au cours de la semaine écoulée, je remets en Une cet article du mois d’avril.
On lit souvent, dans cette merveilleuse presse féminine dont nous sommes de grands fidèles, qu’un périnée musclé c’est l’assurance d’une vie meilleure et d’un teint plus frais. Non, je déconne.
En fait, on nous promet simplement que bétonner notre périnée va nous ouvrir la voie royale vers l’Orgaaaaaaasme. Je veux dire, pas l’orgasme merdique tout mou tout pourri que tu décroches à grand-peine avec ta chatte de feignasse, mais l’ORGASME, tu vois, plus fort, plus grand, plus beau, plus hype. Celui dont tu rêves en secret. Parce que oui, tu as remarqué comme la presse féminine te suggère toujours que ta vie sexuelle pourrait être mieux si tu t’en donnais la peine ?
On ne te dit pas ouvertement que tu baises comme un pied mais c’est tout comme, vu que tu as systématiquement droit à des recettes INFAILLIBLES pour que ça aille MIEUX. Mieux que quoi ? On ne sait pas exactement. Probablement mieux que tes médiocres performances habituelles, te dit la journaleuse que tu soupçonnes vaguement d’avoir été arrachée par sa rédac-chef au papier beauté qu’elle était en train d’écrire pour venir en catastrophe te causer des malheurs de ta foufoune. En gros, ça a pu se passer à peu près comme ça :
Rédactrice en chef du magazine féminin-au-sommet-de-sa-gloire : Vaness’, chérie, tu lâches ton dossier « violet, le nouveau noir ». Il me faut 15000 signes sur le périnée. Tu sais pas ce que c’est le périnée ? Bon, comment t’expliquer… Euh, visualise le fond rigide d’un Kelly, par exemple… Oui, tu y es ? Ben le périnée c’est un peu ça, mais dans ton cul. Voilà, c’est ce qui fait tenir le fond. Mais ça sert à d’autres choses aussi, paraît-il. Des trucs sexuels. Non mais te prends pas le chou, tu me fais un truc comme d’hab : complexe la lectrice, puis fourgue-lui une solution à la con.
Vaness’ n’étant décidément pas contrariante, elle fait où on lui dit de faire (et surtout, elle a peur de la rédac-chef). C’est comme ça que tu as longtemps cru que ton périnée allait te faire jouir ta race. Et c’est comme ça que tu as fini par maudire tout l’intérieur de ton cul.
Du coup, reprenons les choses à la base, histoire de te dire enfin ce qu’est le périnée et à quoi il sert vraiment.
Celles d’entre vous qui ont eu des enfants ont sans doute déjà entendu parler de leur périnée : par la sage-femme qui les a préparées à l’accouchement, par le kiné qui a pris en charge la rééducation post-natale, par leur gynécologue, bref par une large catégorie de professionnels du domaine médical et para-médical.
L’importance d’un périnée renforcé n’est donc plus à prouver : c’est ce qui permet, lorsqu’on le contrôle suffisamment bien, d’éviter l’épisio (sauf bébé à caboche hypertrophiée), et ce même au premier accouchement, puisqu’on a le fondement suffisamment musclé pour savoir se RETENIR de pousser au passage de la tête du chiard. En effet, la tête avance, et du coup on pousse, pour accompagner ce besoin irrépressible d’expulsion. Ensuite, la tête recule. Ceci plusieurs fois d’affilée jusqu’au moment de la dernière poussée, qui fera totalement passer la tête.
C’est là qu’il fait contrôler suffisamment le bordel pour ne pas céder au besoin de pousser comme une malade, et éviter de bloquer sa respiration afin que la tête puisse passer lentement, sans déchirer ta bonbonnière ou encourager la sage-femme à filer le coup de ciseau fatidique. Et un accouchement sans épisio ni déchirure même avec des bébés plutôt costauds, c’est tout de même un confort énorme pour les mois qui viennent. Et tout ça, c’est le résultat d’un travail soutenu pendant la grossesse. Ca vaut le coup, vu les bénéfices qu’on en retire.
(Et OUI, je le confirme aux primipares, on peut tout à fait refuser l’épisiotomie qui, NON, n’est pas systématique au premier accouchement. Ni aux suivants. C’est un truc qui se discute avec l’équipe médicale et qui bien évidemment s’adapte à chaque femme selon les circonstances précises de l’accouchement. Toutefois, le rapport bénéfices/risques d’une épisio n’est pas automatiquement en faveur du coup de ciseau, contrairement à des usages courants).
Mais ce qu’on essaie aussi de nous faire croire, c’est que les muscles du plancher pelvien sont également de précieux alliés de notre sexualité, lorsqu’ils ont été tonifiés et entretenus. Non, ce n’est pas un mythe, ce n’est pas une légende, c’est une simple réalité anatomique, vous diront les journaleux et sexologues. Et ça, si ce n’est pas totalement faux, ce n’est pas totalement vrai non plus.
Petits rappels : le groupe musculaire de la zone pelvienne peut être visualisé comme une espèce de sac traversant le bassin et soutenant vessie, utérus, vagin et rectum. Le muscle qui nous intéresse s’étend de l’os pubien au coccyx : c’est le muscle pubo-coccygien, qui entoure le vagin et le rectum.
Prétendre qu’un muscle PC en béton va vous permettre de transformer votre vagin en pince à sucre, c’est de la pure connerie. On peut en revanche admettre que, grâce à quelques exercices simples, un muscle PC tonique permet de mieux percevoir certaines sensations et d’en contrôler d’autres.
En effet, la maîtrise de ce prétendu « muscle de l’amour » permet de mieux identifier les zones réceptives, et d’agir sur elles pour optimiser le plaisir. Travailler sur son muscle PC n’est donc pas obligatoirement lié à la dictature du point G, mais entraîne un meilleur contrôle des contractions du vagin. Et si ça ne fait pas forcément jouir plus fort, ça permet tout de même d’offrir à son partenaire d’intéressantes perspectives d’étreintes vaginales joyeusement rythmées (le pénis lentement englouti par un vagin qui se serre à intervalles aléatoires, ça plaît beaucoup).
Pour y arriver, il est essentiel de commencer par bien identifier le muscle PC : les pros vous diront toujours que le plus simple est de profiter d’une pause-pipi pour tester la géographie des lieux, en ces termes : « Assise et jambes bien écartées, il vous suffit de contracter vos muscles afin de stopper la miction. Si vous y parvenez, bingo ! Vous savez contracter votre muscle PC. Renouvelez l’expérience une ou deux fois pour être certaine d’avoir bien localisé les contractions musculaires. »
Certes. Mais ce qu’il savoir, c’est que ce genre de plaisanterie, ça peut te déclencher direct une cystite. Alors que celle qui n’a jamais pissé des lames de rasoir à cause d’une infection urinaire se dévoue pour faire ce test… Mais si vraiment on le tente, il faut veiller à bien vider sa vessie après avoir pratiqué ce stop-and-go. Sinon, y a plus qu’à dégainer le Monoflocet, la tisane de queues de cerise, le jus d’airelles et à faire une prière avant d’aller pisser. Pendant trois ou quatre jours minimum.
Pour les exercices de musculation proprement dits, rien de plus simple que de s’exercer quotidiennement : quelle que soit notre position, on peut pratiquer des séries de contractions du muscle PC (entre 25 et 50), en prenant le temps de maintenir chaque contraction plusieurs seconde d’affilée. Ces exercices sont appelés « exercices de Kegel », du nom du gynécologue Arnold Kegel, qui a mis au point cette technique dans les années 50 afin de remédier aux problèmes d’incontinence urinaire.
Lorsque cet exercice est pratiqué régulièrement, le renforcement du muscle PC est assez flagrant.
Il ne s’agit pas d’une recette miracle. Ca ne fera pas jouir celles qui n’atteignent pas l’orgasme. Ca ne fera pas exister l’orgasme vaginal qui est, je le rappelle, une simple variante de l’orgasme universel féminin, toujours d’origine clitoridienne (mais qui se manifeste de façons très diverses selon les femmes, avec des sensations variées, notamment au niveau du vagin). Et ce n’est pas la capacité à contracter son vagin qui augmente les sensations, mais simplement le gonflement des bulbes vestibulaires (qui vont enserrer le vagin), gonflement qui ne peut être obtenu que par un moyen : l’excitation sexuelle. Partant de là, pour prendre son pied, mieux vaut bosser sa connaissance de l’anatomie de la foufoune, son imaginaire fantasmatique et la qualité de l’échange érotique avec son/sa partenaire plutôt que de se démolir les reins à force de cystites en jouant au stop-pipi.
Mais les autres bénéfices, non sexuels, sont bien plus significatifs : diminution du risque de prolapsus, pas de risque de fuites urinaires lors d’éternuements répétés ou quintes de toux (problème beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit, et chez des femmes jeunes), tonicité générale du fondement…
Bref, le périnée c’est un peu dans ton cul que ça se passe et je te conseille d’en prendre soin (et vous aussi, les mecs.)
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Écriveuse de trucs, mal coiffée et cul-terreuse.
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- Le Joya Sphere Massager : doublement élégant | Objets de plaisir | 27 juin 2012








Le 69ème article de la taulière sur ZZG ! Youhhoooou !!
@Eve – Oh putain, ça se fête !!!!!!
Chapô! Ça va toujours mieux en le lisant!
Voilà un article très intéressant.
Déjà, j’ai appris un nouveau mot: « Kelly »
Plus sérieusement, ça remet les choses en ordre: je ne connaissais que la version « presse » (pas seulement féminine d’ailleurs), et la presse, je m’en méfie.
Mais j’avoue que je m’attendais (à la lecture du titre) à ce que l’article nous éclairât un peu plus sur le périnée des hommes (pas seulement un « et vous aussi les mecs »). Mais on ne peut pas tout avoir.
@Clément – Eh bien du côté des mecs, c’est exactement pareil, sauf que vous ne l’utilisez pas pour l’accouchement. Mais le contrôle de la continence urinaire est exactement la même… Du côté des éternuements (ou des flatulences intempestives lorsque vous vous accroupissez soudainement, ce genre de trucs délicats, etc…), c’est idem aussi. Donc on a tout intérêt à bien muscler son périnée.
Et les bouboules là dedans ? Ça sert pas à se remuscler aussi ?
Je ne sais si c’est encore le cas, mais il y a hum… quelques années, le petit coup de ciseaux était presque automatique, pour faciliter la tâche de l’équipe accoucheuse plus que pour éviter des déchirures à la parturiente. Je cause des années 80, pas de l’entre-deux guerres non plus, hein ;o)
De l’entre-deux jambes, oui, par contre.
@Pauline – il est en préparation, l’article sur les boules de geisha
@Chou : c’est toujours le cas, on est entre 50 et 80 % selon les maternités.
Eh bien ça tombe bien !
Suite à un (gros) soucis médical, j’ai le périnée bou.zi.yé. Et rien à voir avec un accouchement…
En bref, je ne peux même plus porter de tampons (ils tombent).
Ma gynéco m’avait conseillé de me procurer des boules de geisha, ce que j’ai fait, mais je galère un max avec.
Voila encore un article didactique intéressant !
Je précise que pour les hommes une technique utilisant le périnée permettrait de jouir sans éjaculer et tout en gardant ensuite une érection efficace… Encore une raison d’en prendre soin !!
Pour moi pas d’épisio, et c’est tant mieux et en plus de pouvoir serrer le kiki en visite, cela donne des fessiers en béton…. important aussi avec les années.
quel régal ! quel régal !!!!
Merci à chou de m’avoir permis de visiter ce lieu tout à fait indispensable.
Après 4 accouchements, et des toux chroniques dû à un asthme persistant, je peux te dire que j’ai intérêt à en prendre soin de mon muscle pc à moi… mais de là à me fader 50 pompes internes par jour ! wouah !! quant au stop-pipi, c’est un truc de sado-maso ça !
bon… je file lire les articles précédents… c’est que j’ai tout plein de trucs à apprendre ! à 46 ans, je suis au Top de ma vie sexuelle ! ce serait trop con de louper des trucs auxquels j’aurais droit !
à plus et merci pour ce petit joyau.
Trop bien, je suis venu ici grâce à Pakita, je dévore.
L’épisiotomie vient aussi de la précipitation, en milieu médical on veut aller vite, pour rentabiliser le bloc, pour travailler aux heures de bureau, et se tirer en week-end pas trop tard le Vendredi. Alors on déclenche en faisant flipper les mamans que c’est tard …
Nos deux enfants sont nés à la maison, le premier a mis 17 heures à sortir, c’est long, et ça fait super mal, mais il n’y a pas eu une seule goutte de sang ! et la femme s’est levée pour aller pisser quelques heures après sans douleurs. Elle n’a pas eu de séquelle si ce n’est le PC un peu détendu. Par contre la frangine qui a accouché en clinique s’est fait péter la charnière par un psychopathe en blouse blanche, elle a pleuré sa mère pendant 1 an à chaque fois qu’elle allait faire sa crotte, déchirure anale aggravée par l’épisiotomie, blocage, constipation, déchirure chronique, ils ont même essayé de lui vendre une rondelle en plastique, des vrais nazis.
J’ai aussi appris ce qu’est un Kelly
Le PC sert aussi aux hommes, si il est suffisamment tonique, il permet de bloquer l’éjaculation (en serrant fort pendant plusieurs secondes). L’orgasme sec permet de ne pas débander, si la dame est en plein voyage, c’est con de lâcher l’affaire au mauvais moment
Ce n’est pas très agréable, comme le stop pipi, et c’est quand même plus agréable de tirer un coup. De plus, quand on est en harmonie ce genre de technique ne sert pas à grand chose, car cela se fait tout seul sans réfléchir.
Ah et puis accessoirement pour celles qui ont un périnée en chamallow, grâce à la péridurale et à la gentille personne qui tient la tête à la sortie on évite souvent l’épisiotomie. Un périnée trop tonique par contre … Il faut juste éviter de pousser comme des brutasses quand tout le monde hurle un « ne poussez plus ! ne poussez plus ! »
L’épisio on évite un maximum. Mais le problème c’est qu’en cas de soucis on coup. On a par ailleurs démontré que faire une épisio automatiquement ou que se forcer à en faire peu ne changent rien pour les déchirure grave …
( voir : Évaluation d’une politique restrictive d’épisiotomie avant et après les recommandations du Collège national des gynécologues obstétriciens français Original Research Article
Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, Volume 39, Issue 1, February 2010, Pages 37-42
A. Eckman, R. Ramanah, E. Gannard, M.C. Clement, G. Collet, L. Courtois, A. Martin, S. Cossa, R. Maillet, D. Riethmuller)
Ouais, ya des gens qui font de la recherche là dessus, vous croyez quoi ?
Au passage, chère Peste, je prêcherai pour mon clocher en disant que beaucoup de sage-femme font aussi la rééducation périnéale … (là où un kiné peut avoir du mal à parler lactation, sexualité … bah).
J’ai lu cet article récemment (http://mamasweat.blogspot.com/2010/05/pelvic-floor-party-kegels-are-not.html et http://mamasweat.blogspot.com/2010/05/pelvic-floor-encore.html ) qui affirme que les kegels, finalement, c’est pas la panacée, qu’en faire trop serait même néfaste, et que ce qui permet d’éviter les prolapses et de se pisser dessus quand on éternue, c’est d’être musclé de partout et surtout du cul – de l’extérieur du cul – histoire de pouvoir étirer son périnée autant que de le contracter. Qu’en pensent les pros de l’anatomie?
@Gromitflash – Ah, le fameux « ne poussez plus ! », c’est un vrai challenge : parce que l’envie de pousser est un truc tellement irrépressible qu’il faut vraiment garder en tête les conseils de la sage-femme lors des séances de prépa pour parvenir à se retenir…
Mais ça marche ! Quand on arrive à ne pas bloquer sa respiration et à contenir la dernière poussée, on sent la tête glisser lentement, et c’est nickel
Et pour la péridurale, oh que voilà une belle invention ! Bien dosée, bien maîtrisée, elle soulage la douleur sans supprimer les sensations, ne supprime pas l’envie de pousser, et diminue la fatigue post-partum (ce qui est tj ça de pris en amont des nuits entrecoupées pour nourrir le bébé, lot commun des parents au retour à la maison), et fait de l’accouchement un moment serein, et calme.
@Aelle : je pense qu’il est intéressant en effet d’avoir des avis pro (celui de Gromitflash, qui est un homme sage-femme, est un bon exemple). De façon purement logique, je dirais pour ma part que l’excès en toute chose nuit
Trop tonique ou pas assez, le périnée peut nous causer des tracas…
Et que pensez-vous des boules de Geisha? J’en ai acheté, et pense de temps en temps à les porter 1h ou 2. Mais je ne suis pas convaincue de l’efficacité. Ce sont 2 boules, une fois placées elles n’ont pas vraiment la place de bouger. Ce sont surtout les billes à l’intérieur qui bougent, mais il faut aussi pour cela bouger (donc ne pas rester assise)
Je pense que les exercices de Kegels sont plus efficaces, il faut juste y penser (pas passionnant à faire…). Alors de là à en faire trop…
Je fais aussi 2 à 3 fois par semaine un peu d’abdos, ce qui n’est pas bon si les abdos ne sont pas accompagnés de contractions du périnée. Je sais que quand je fais trop d’abdos, mon périnée est plus paresseux (plus souvent envie d’aller aux toilettes)
J’ai fait de la kiné du périnée après mon deuxième enfant (on en parlait pas à l’époque de mon premier, il y a quand même du progrès). C’était des exercices avec un appareil électrique qui permettait de mesurer les intensités des contractions. Le kiné me disait que mes contractions n’étaient pas terribles… Et après 10 séances, j’ai laissé tombé. Mais maintenant je sens qu’il faut que je le travaille…
P’tin Marie, t’aurais quand même pu un peu développer sur l’intérêt du muscle PC chez les mecs, quoi!
Je sais que je me répète, mais ça sert aussi à bloquer l’émission de sperme au moment de l’orgasme, accessoirement.
Bon c’est pas grave, je t’aime quand même…